Le personnel de cabine de Brussels Airlines dépose un préavis de grève à partir du 23 novembre : "on ne fait pas cela pour rigoler !"
Le personnel de cabine de Brussels Airlines a atteint le point de non-retour après plusieurs mois de tensions. Un préavis de grève à durée illimitée a été déposé ce vendredi matin.

- Publié le 17-11-2023 à 10h12
- Mis à jour le 17-11-2023 à 10h50

Nous vous en parlions à la fin du mois d'août, la situation est plus que tendue chez Brussels Airlines. Outre des conditions de travail difficiles pour les pilotes et le personnel de cabine, plusieurs témoignages faisaient état de pressions, harcèlement, et même une plainte pour racisme auprès d'Unia. Le message était alors clair : "si la conciliation ne fonctionne pas, on passera à l'étape suivante".
C'est donc le cas. Ce vendredi matin, on apprend qu'un préavis de grève a durée illimitée a été déposé en front commun par les syndicats. "Nous avons déposé un préavis de grève qui prend effet à partir du 23 novembre, confirme Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. C'est la loi; nous avons sept jours avant qu'un préavis prenne effet. À partir du 23 novembre, nous pouvons donc partir en grève à tout moment."
Et puisque ce préavis a une durée illimitée, cela veut dire que les vacances de Noël sont potentiellement en danger. "On ne dépose pas un préavis de grève pour rigoler ! C'est à l'heure actuelle la seule solution et nous sommes motivés à lancer un mouvement s'il n'y a pas un changement clair et rapide", lance Didier Lebbe.
En ce qui concerne les raisons de cette décision prise par les syndicats, elles sont nombreuses. "Il y a une accumulation d'erreurs de la part de la direction. Le personnel en a ras le bol et nous l'a fait savoir à de nombreuses reprises ces dernières semaines, avance-t-il. La direction a mis le couteau sous la gorge au personnel pendant la crise sanitaire de 2020. On parle du renvoi de 1000 personnes et d'une diminution du temps de travail pour les autres, avec une perte de salaire d'environ 15 %. On parlait à l'époque d'une reprise du secteur aérien pour 2025 mais cette reprise a déjà eu lieu en 2022 ! Pourtant, les conditions de travail et salariales n'ont pas bougé alors que l'entreprise annonce fièrement des bénéfices."
Les syndicats pointent aussi un "manque de respect du personnel." "Dernier exemple en date avec les derniers plannings. Des anciens qui ont des années de services se retrouvent avec des horaires qui ne vont pas du tout. On ne respecte pas non plus les normes pour engager des chefs de cabine. Une procédure a été votée en 2016 pour engager des chefs de cabines selon des critères bien précis. C'est un métier très important et plein de responsabilités. Brussels Airlines veut passer outre ces normes pour engager des personnes qui ont moins d'expérience et de formation", dénonce encore Didier Lebbe.
Il évoque aussi l'absence de règlement de travail dans l'entreprise. "Il n'y en a pas mais la direction prend des sanctions contre le personnel qui ne peuvent exister que si un règlement interne existe. Quand nous demandons d'avancer sur le sujet, on nous renvoie à l'été prochain…"