Jardins avec vue sur l'E411 : à Wavre les riverains attendent le merlon tant promis, "ça ne ressemble à rien pour l'instant mais un peu de patience"
Fin de l'année passée, les arbres situés entre la E411 et les jardins des habitations de la venelle des Préas, ont été abattus. Les riverains attendent patiemment tandis que le chantier est à l'arrêt.

- Publié le 29-05-2024 à 07h55
- Mis à jour le 29-05-2024 à 13h50

Reliant le Luxembourg à Bruxelles, l'autoroute E411 traverse de nombreuses communes du Brabant wallon, comme Wavre. Aux abords de la capitale brabançonne, les allées vertes bordant les deux sens de la route sont nombreuses… à une exception près. Entre les sorties 8 (Louvain) et 8a (Louvain-la-Neuve), un petit bout des allées de l'autoroute est complètement dénudé de toute végétation. Sont directement concernés les habitants de la venelle des Préas, un petit quartier résidentiel avec des maisons quatre façades et dont les jardins donnent vue sur l'autoroute de l'Ardenne.

Installé en haut de la rue, Michel est en pleine rénovation de son jardin. Il a laissé une large zone boisée au fond mais qui ne couvre pas le côté droit. Ce qui lui donne une vue imprenable sur les autres jardins de la venelle… et bien entendu de l'autoroute. Cela fait 40 ans qu'il habite à ici. Les demandes pour installer des panneaux antibruit ou des merlons sont une histoire vieille de plusieurs décennies. Par deux fois, il a lancé de pétitions pour les murs antibruit mais leurs échos ont mis longtemps à arriver aux oreilles des instances, d'abord fédérales, puis régionales. Et cela est en voie d'être réglé, nous annonce Michel, "un ingénieur de la Régie des routes est passé. Ils vont construire un merlon de 1 kilomètre de long. Donc une butte de terre sur 4 mètres de hauteur au-dessus de la route et qui redescendra en pente vers les jardins. En automne, ils commenceront à le végétaliser". Les travaux devront se terminer pour 2024 et l'année suivante, l'autre versant de l'autoroute aura lui aussi droit au même processus. Et pour créer ces merlons, il ne faudra pas aller chercher bien loin car la terre viendra d'un chantier non loin, la création du carrefour en Diamant à Mont-Saint-Guibert entre la N4 et la N25.
En attendant, pas une seule machine de chantier ne se trouve sur le terrain, laissé vierge de toutes vies. "Ça ne ressemble à rien pour l'instant mais avec un peu de patience, ce sera terminé", confie Michel avec optimisme. Apparemment, le chantier serait à l'arrêt pour l'instant en raison des pluies redondantes de ces derniers mois. Du côté de la Sofico, on nous explique qu'il a fallu attendre entre la coupe des arbres (avant la nidification) et puis laisser le temps de faire les études de sol pour veiller à la stabilité. Quoi qu'il en est, le calendrier est maintenu pour l'année et les nouvelles terres arriveront dans le courant du mois de juin. Et concernant le bruit et la vue panoramique sur les camions et voitures, Michel ne s'en cache pas, c'est désagréable d'autant que de son côté, avec l'arrachage des arbres, il entend la différence "mais quand le merlon sera installé, le problème sera réglé".

En discutant avec les autres voisins de Michel, nous apprenons qu'énormément d'arbres abattus étaient déjà morts bien avant. Une autre voisine, Nathalie le confirme, "on a déjà eu quatre arbres qui sont tombés dans le jardin. Et puis maintenant on aura enfin du soleil en été mais, par contre, plus de chevreuils ni de furet".
Un peu plus bas dans la venelle, Josée est également installée ici depuis près de 40 ans : "être ici, c'est comme être près d'une gare, on n'entend plus les trains". D'ailleurs, elle nous confirme que depuis que les arbres ont été abattus, il fait beaucoup plus calme. Selon elle, les arbres réverbéraient les sons qui devenaient plus forts et moins continus qu'aujourd'hui. Et sur le chantier, "ça stagne mais je suis sûr que ce sera bien… quand ils auront terminé", rajoute-t-elle en montrant les sillons d'écoulements des eaux de pluies débordant parfois dans les jardins.

Pour l'instant, le chantier reste à l'arrêt et le paysage laisse place à la vue sur l'autoroute et un terrain dénudé fait de terres argileuses et de sables. Mais tous les habitants restent optimistes et savent d'avance que le merlon sera pour un mieux, tant pour la vue que le bruit. Pour en revenir à Michel, avec son voisin direct, ils avaient déjà construit une première butte dans leurs jardins respectifs mais le premier permis avait été refusé "pour cause d'intérêts paysagés". Ironie quand tu nous tiens.