"Un doigt d'honneur à la population", dénonce un bourgmestre MR du BW : la Wallonie vient de dire oui à huit méga-éoliennes sur son territoire
Le recours introduit par trois Communes et 21 citoyens contre le permis octroyé aux éoliennes géantes de Marbais n'a permis de supprimer qu'une machine.
- Publié le 02-06-2026 à 08h42
- Mis à jour le 02-06-2026 à 08h44

En novembre dernier, les Communes et les particuliers qui ne voulaient pas des nouvelles éoliennes "géantes" sur la plaine de Chassart, à Marbais, étaient tombés des nues: malgré la forte opposition locale au projet du promoteur éolien Eneco Belgium, les fonctionnaires technique et délégué avaient décidé d'accorder le permis unique permettant le renouvellement du parc éolien existant.
Un recours contre cette décision avait dès lors rapidement été introduit auprès de la Région wallonne. Pour rappel, Eneco demandait de remplacer les 11 éoliennes existantes, hautes de 120 mètres, par neuf machines de nouvelle génération, plus puissantes et donc plus grandes. Bien plus grandes, même: 230 mètres au sommet des pales.
"Démesuré", dénonçaient les habitants des environs et la Commune de Villers-la-Ville. Mais celle-ci n'était pas seule à se battre contre les neuf moulins d'Eneco: des recours auprès du ministre wallon de l'Aménagement du territoire, François Desquesnes (Les Engagés), avaient également été introduits par 21 particuliers, ainsi que par les collèges communaux de Fleurus et des Bons Villers. Avec une petite particularité pour cette dernière Commune, puisque le bourgmestre Mathieu Perin est aussi chef de cabinet au sein de l'équipe… du ministre Desquesnes.
Permis octroyé pour huit éoliennes
Ceux qui y voyaient une opportunité pour contrer le projet en sont pour leurs frais: ce lundi, les parties ont appris que le ministre avait décidé d'octroyer, sur recours donc, le permis pour huit des neufs éoliennes de 230 mètres. Seule celle qui devait sortir de terre à proximité du quartier du Brésil passe finalement à la trappe.
Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que ce résultat n'était pas vu comme une victoire par les opposants, quelques heures après cette annonce qui a été ressentie comme un nouveau coup de massue.
"Un doigt d'honneur à la population"
"Je peux dire que c'est même un doigt d'honneur à la population de notre commune et à celle des communes voisines, lâchait le bourgmestre de Villers-la-Ville, Emmanuel Burton (MR). Dire "oui" à des éoliennes qui seront plus hautes de 110 mètres par rapport à celles qui existent, cela veut dire des ombres portées jusque dans le village de Marbais, davantage de bruit, et une transformation complète du paysage. Le tout alors qu'on sait que le réseau d'ORES n'est pas en capacité de supporter la charge supplémentaire. C'est assez extraordinaire !"
Pour le bourgmestre villersois, tout ce que cette décision régionale risque d'apporter, c'est un sentiment de dégoût parmi la population qui s'était mobilisée contre le projet. Et si les services communaux étaient en train de plancher sur la longue motivation de la décision ministérielle, dans la journée de lundi, Emmanuel Burton a déjà annoncé que la Commune ne compte pas en rester là.
En clair, il est pratiquement certain qu'un recours au Conseil d'État sera introduit, et que l'autorisation de lancer cette procédure fera l'objet d'un point au prochain conseil communal.
"C'est certain, on ne va pas se laisser faire", confirme le maïeur villersois.