Procès Falzone: "Nous n'avons pas choisi la route de la BMW, contrairement aux accusés qui ont choisi de monter dans la BMW"
Grégory D'Andrea est le frère aîné de Frédéric, le gille mortellement percuté par la BMW de Paolo Falzone
- Publié le 02-06-2026 à 09h55
- Mis à jour le 02-06-2026 à 10h21

Depuis le début du procès, Gregory D'Andrea est très actif. Le frère aîné du gille écrasé par la voiture de Paolo Falzone, le 20 mars 2022 sur la rue des Canadiens, pose de nombreuses questions et fait de nombreux commentaires. Chez les avocats, on le surnomme même "Maître D'Andrea".
Parlant avec son cœur, cet homme apporte un autre regard sur cette affaire. Celle d'un frère d'une victime, d'un fils de parents en colère, qui apporte aussi un regard citoyen sur ce dossier.
Une dernière parole
L'homme a souhaité, une dernière fois, laisser parler son cœur. La voix chargée d'émotion et de stress, il a opposé deux réalités irréconciliables : "Nous n'avons pas choisi la route de la BMW, contrairement aux accusés qui ont choisi de monter dans la BMW. Eux, ils ont fait des choix, nous non."
Il a rappelé qu'une vingtaine de ramassages avaient lieu dans le village ce jour-là. À ses yeux, le drame aurait pu se produire partout : "En empruntant n'importe quelle rue, il aurait tué", a-t-il déclaré, soulignant qu'en plus de trente ans d'existence, le carnaval n'avait jamais connu le moindre incident sur son parcours. "Peut-être parce que les autres automobilistes respectent les règles… Il a tué des gens et empêché le carnaval de se poursuivre."
Grégory est revenu sur l'ampleur de la tragédie : les morts, les blessés, les vies brisées. Il a également évoqué cette voiture devenue, selon lui, une véritable arme. Son regard s'est ensuite tourné vers les parents de Paolo Falzone, qu'il accuse d'avoir connu les habitudes de conduite de Paolo. Antonino connaissait aussi cette conduite. Il a insisté sur un point : Paolo Falzone a fait un choix.
Il déclare également qu'Antonino a fait le choix de ne pas porter assistance aux victimes.
L'homme a également dit avoir été marqué par la violence de la chanson choisie par Paolo Falzone. "Je ne connaissais pas cette chanson. Le seul Attila que je connais est le réseau", a-t-il lancé, dans une référence à La 7e Compagnie.
L'image terrible
Puis est revenue l'image la plus douloureuse : celle de son frère fauché par le véhicule. "Après l'impact, il traîne mon frère sur plusieurs mètres, il freine pour le laisser tomber. Ne pas voir mon frère, c'est impossible, il ne passait pas inaperçu."
Grégory a regretté ce qu'il considère comme un manque de sincérité de la part des deux accusés, y compris sur des éléments périphériques au dossier. "En aucun cas, ils n'ont porté assistance à personne en danger", a-t-il affirmé.
En conclusion, il a demandé aux jurés de reconnaître la gravité de ce drame, qu'il qualifie de "tuerie", et de retenir la préméditation dans le meurtre de son frère.
Il retient du positif : cette communion entre les victimes, l'écoute de la cour, l'aide aux victimes, la police…
Frédéric D'Andrea aurait fêté ses 51 ans demain… Grégory a déposé deux gâteaux avec les chiffres 5 et 1.

