Le cinéma comme outil de dialogue et de reconstruction : À Frameries, Maurane lance des ateliers de médiation cinématographique
Assistance sociale, elle est convaincue que le cinéma peut faciliter voire libérer la parole.

- Publié le 09-01-2026 à 16h57

Et si le cinéma pouvait être autre chose qu'un simple divertissement ? À partir de 2026, le projet Décadré entend faire du film un véritable outil de dialogue, de réflexion et de mieux-être. À l'initiative de cette démarche : Maurane Hogne, assistante sociale originaire de Frameries et passionnée de cinéma.
Connue sur ses réseaux pour ses analyses de films à portée sociale, la jeune femme élargit aujourd'hui le champ d'action de Décadré en lançant des ateliers de médiation cinématographique, destinés en priorité aux structures sociales, culturelles et éducatives.
"Le cinéma m'a beaucoup aidée dans mon cheminement personnel et professionnel. J'avais envie d'allier ma pratique d'assistante sociale de terrain avec ce média que je trouve extrêmement riche", explique-t-elle. "C'est un support qui permet de faire émerger des discours, d'aborder des sujets complexes et d'ouvrir le dialogue, notamment avec les jeunes."
Trois axes d'intervention
Le projet repose sur trois piliers. D'abord, la ciné-thérapie, qui utilise l'image et la fiction pour mettre des mots sur ce qui est parfois difficile à exprimer autrement. "L'image permet d'aborder l'indicible, que ce soit dans un cadre individuel ou collectif", souligne Maurane Hogne, qui s'est spécifiquement formée à la cinéma-thérapie.
Deuxième axe : la ciné-action, tournée vers le débat citoyen et les thématiques de société. Enfin, la médiation cinéma vise à décrypter le langage cinématographique et à partager une émotion collective, afin de ne plus rester spectateur passif.
Concrètement, les ateliers sont construits sur mesure, en fonction des besoins des institutions demandeuses : maisons de jeunes, AMO, structures culturelles ou sociales. "On ne travaille pas forcément sur des films entiers. Parfois, un extrait suffit pour analyser une dynamique familiale, une situation de deuil ou une question d'addictions", précise-t-elle.
Un outil pertinent pour le travail social
Le cinéma est notamment envisagé comme un levier pour aborder certaines problématiques délicates. "Parler d'assuétudes avec des jeunes est compliqué. Mais utiliser des films ou des séries, qui font partie de leur quotidien, permet de réfléchir autrement à leur consommation : pourquoi ils consomment, ce que cela représente pour eux, par exemple", explique l'assistante sociale.
Décadré propose également des formations à destination des professionnels du secteur social, afin de leur donner des outils concrets pour intégrer le cinéma dans leur pratique. Une approche qui se veut complémentaire à d'autres méthodes, comme l'écriture thérapeutique que Maurane Hogne utilise également, notamment dans le cadre du deuil.
Un projet en construction
Si les premiers contacts ont été pris, notamment avec des acteurs culturels locaux, le projet en est encore à ses débuts. "Je commence à rencontrer les structures, il n'y a pas encore de retours concrets, mais l'envie est là", confie Maurane Hogne.
Avec Décadré, le cinéma sort ainsi de la salle obscure pour devenir un espace de médiation et de réflexion, où l'émotion collective sert de point de départ au dialogue et à l'analyse du monde contemporain.