Les questions de l'année sportive 2023 (3/7) : NBA, Mondial, Euroligue, Belgian Cats et Ostende
L'année 2023 s'annonce riche en événements basket. De quoi susciter pas mal d'interrogations. En voici un échantillon.

- Publié le 04-01-2023 à 13h07

1 Qui pour succéder à Golden State sur le trône NBA ?
D'année en année, la lutte pour le titre en NBA semble de plus en plus ouverte. Il suffit de jeter un œil sur le classement pour s'en rendre compte. Au sein de la Conférense Est, trois défaites seulement séparent la première et la cinquième place. À l'Ouest, la lutte fait également rage avec cinq défaites de différence entre le leader et la huitième place. Il est donc très difficile de prédire maintenant qui succèdera à Golden State sur la plus haute marche en fin de saison.
Si les Warriors étaient souvent cités comme plus gros candidat à leur propre succession, la blessure de Stephen Curry et le bilan mitigé ont modifié la donne. Ne les évinçons cependant pas trop vite, car des cœurs de champions ne meurent jamais. Au complet, les Warriors restent capables de battre n'importe qui. Même chose pour Phoenix qui a souffert des blessures de Chris Paul puis Devin Booker. Denver, qui mène la danse à l'Ouest, peut être considéré. Tout comme les Clippers qui espèrent pouvoir compter sur leur trio de stars (Leonard-George-Wall) pour briller en playoffs. Les surprises que représentent Memphis, New Orleans et Dallas au sein du top 4 ne semblent pas encore assez armées pour viser un titre NBA dès cette année.
Dans la Conférence Est, Boston, Brooklyn et Milwaukee se dégagent comme les principaux concurrents. Les bookmakers en ont d'ailleurs fait leurs trois favoris pour le titre de champion 2023. Même s'il ne faut pas enterrer trop vite des équipes comme Philadephie et Miami qui peuvent s'appuyer sur plusieurs grosses stars.
2 Le MVP 2023 en NBA sera-t-il encore européen ?
Le Grec Giannis Antetokounmpo en 2019 et 2020, puis le Serbe Nikola Jokic en 2021 et 2022. Voilà quatre ans que le trophée de MVP (meilleur joueur de la saison régulière) en NBA tombe entre les mains d'un joueur européen. Avant eux, Dirk Nowitzki avait été le seul Européen à décrocher ce titre honorifique, en 2007. Une tendance qui démontre à quel point les joueurs européens font de plus en plus leur place au sommet de la NBA.
Et la série n'est peut-être pas encore finie. Non seulement Giannis Antetokounmpo et Nikola Jokic alignent toujours des stats dignes de candidats MVP, mais leur plus grand rival pourrait être un autre phénomène issu du Vieux Continent. À 23 ans, Luka Doncic n'en finit plus d'impressionner sur les parquets américains, à l'image du triple-double historique (60 points, 21 rebonds et 10 assists) qu'il a signé il y a huit jours face à New York. Le Slovène, qui en est à sa quatrième année sous le maillot de Dallas, est actuellement le meilleur marqueur de la NBA cette saison, avec plus de 34 points de moyenne par match. Il est aussi quatrième au classement des meilleurs passeurs. Difficile donc de ne pas en faire un potentiel MVP surtout si les Mavs parviennent à rester dans la première moitié de tableau à l'Ouest.

Du côté américain, deux noms sortent du lot jusqu'ici. Il y a d'abord Jayson Tatum, l'ailier des Boston Celtics qui occupent la tête du classement NBA. Et Kevin Durant, la star des Brooklyn Nets, dont les grosses performances ont permis à l'équipe de signer une folle série de 11 victoires consécutives récemment et de s'emparer de la deuxième place dans la Conférence Est.
3 Quelles ambitions pour le Belgian Cats à l'Euro 2023 ?
La fin d'année 2022 a été assez agitée pour les Belgian Cats. Ambitieuse lors de son arrivée au Mondial en Australie l'été dernier, l'équipe nationale féminine belge n'a pas réalisé un tournoi à la hauteur des attentes. Après avoir conquis une quatrième place historique au Mondial de Tenerife en 2018, les Cats n'ont cette fois pas réussi à franchir le cap des quarts de finale. La blessure encourue par Emma Meesseman en cours de tournoi explique évidemment en partie cet échec, mais le mal semblait plus profond.
La fédération a d'ailleurs décidé dans la foulée de se séparer du coach français Valéry Demory, qui avait succédé à Philip Mestdagh et qui sera resté en poste l'espace d'un an seulement. C'est son assistant Rachid Meziane qui a pris le relais comme entraîneur lors des dernières rencontres de qualifications pour l'Euro 2023 qui sera le prochain grand objectif des Belgian Cats.
En cas de victoire en Allemagne le 9 février prochain, les filles belges seront officiellement qualifiées pour un quatrième Euro consécutif. Après avoir décroché des médailles de bronze en 2017 et 2021, les Cats peuvent-elles faire aussi bien, voire mieux ? Actuellement en septième position au ranking mondial et troisième au niveau européen, la Belgique reste en mesure de viser un podium. À condition que les cadres de l'équipe comme Meesseman, Allemand, Ben Abdelkader, Delaere, Vanloo et Linskens ne connaissent pas de pépins physiques. Mais aussi que la jeune garde monte encore en puissance. On pense notamment à des joueuses comme Maxuella Lisowa et les sœurs Massey. Si toutes affichent leur meilleur niveau au bon moment, la Belgique sera candidate à une médaille.

4 Ostende poursuivra-t-il son règne en Belgique ?
Vainqueur des onze derniers titres nationaux, Ostende règne sur le basket-ball belge depuis plus d'une décennie maintenant. Chaque année, on se demande quelle équipe parviendra à mettre fin à l'incroyable hégémonie du BCO, et chaque fois la réponse est la même : aucune. Les Côtiers restent au-dessus du lot, comme l'a encore démontré la première partie de la saison en cours. Ostende trône en tête du classement avec huit victoires en dix matchs de championnat.
D'un point de vue budgétaire, Anvers devrait être le plus gros concurrent du BCO, mais les Giants peinent à trouver leur équilibre depuis plusieurs années. La faute à un recrutement trop souvent défaillant et à un manque de régularité sur le plan sportif. Cette saison, le club anversois a déjà dû remplacer trois joueurs américains en cours de route et devra lutter pour une place en playoffs. Quant à Limburg United, surprenant vainqueur de la Coupe l'année passée, et les Kangoeroes de Malines, derniers finalistes des playoffs, ils grandissent, mais restent sans doute encore trop courts pour vaincre Ostende sur une série de playoffs. Les clubs hennuyers de Charleroi et Mons-Hainaut apparaissent aussi un cran en dessous en termes de constance et de consistance. Si la compétition s'annonce serrée pour les places en playoffs, Ostende possède à nouveau de fortes chances d'émerger sur le sol belge.

5 Peut-on s'attendre à une Dream Team USA au Mondial 2023 ?
La 19e édition du championnat du monde masculin se déroulera l'été prochain (du 25 août au 10 septembre) en Indonésie, au Japon et aux Philippines. Et comme ce fut le cas lors du dernier Euro, on espère voir un maximum de stars NBA y prendre part afin d'obtenir le plateau le plus relevé possible. Mais à un an des Jeux olympiques de Paris, certains préféreront peut-être faire l'impasse. Peut-on dès lors s'attendre à voir les USA, qui joueront leurs matchs de poule à Manille, débarquer avec une Dream Team ?
On ne connaîtra évidemment pas la réponse exacte avant la fin de la saison NBA. Mais en coulisses, le staff américain, dont le coach Steve Kerr, travaille déjà à l'élaboration du noyau US. Alors que l'Espagne est passée en première position du classement mondial Fiba depuis sa victoire à l'Euro, les États-Unis auront certainement à cœur de récupérer la place de numéro 1 qu'ils n'avaient plus perdue depuis 12 ans. "On veut évidemment construire un noyau capable d'aller chercher la médaille d'or. Et je sens qu'on va dans la bonne direction", a déclaré Grant Hill, désigné directeur général. Ce qui sous-entend que quelques stars auraient déjà exprimé leur envie de faire partie de l'aventure.
Mais encore une fois, beaucoup de paramètres entreront en considération, comme la fraîcheur physique au terme de la saison NBA et l'envie ou non de donner la priorité aux JO l'année prochaine. Les trentenaires que sont LeBron James, Kevin Durant, Steph Curry ou James Harden préféreront certainement se préserver en vue de Paris 2024. Durant l'été 2023, il faudra plutôt compter sur des joueurs des plus jeunes générations comme Trae Young (Atlanta), Jayson Tatum (Boston), Devin Booker (Phoenix) ou Bam Adebayo (Miami) pour prendre les rênes de l'équipe américaine en main.
6 Un joueur belge gagnera-t-il l'Euroleague ?
C'est inédit ! Cette saison, trois joueurs belges sont actifs en Euroleague, la plus prestigieuse des Coupes européennes. Sam Van Rossom (Valence) et Ismaël Bako (Bologne) n'en sont pas à leur coup d'essai, tandis que Retin Obasohan (Asvel Lyon-Villeurbanne) découvre la compétition. Si aucun de nos trois représentants n'a à rougir de ses performances jusqu'ici, tous figurent actuellement dans la deuxième moitié de tableau avec leur équipe.
On espère évidemment encore les voir grandir au sein de la compétition en 2023 avec, pourquoi pas, un ticket pour les playoffs à la clé. Il s'agirait déjà d'une belle réussite car ni Valence, ni Bologne, ni l'Asvel ne font partie des candidats au titre. Il faudra donc sans doute encore patienter avant de voir un joueur belge soulever le trophée et succéder à Thomas Van Den Spiegel (vainqueur de l'Euroleague en 2006 et 2008).