Milan - Sanremo: la rançon de la gloire pour Wout Van Aert
Marqué par des adversaires qui lui ont laissé le soin de répondre aux attaques de Pogacar sur le Poggio, le champion de Belgique était déçu de sa 8e place.

- Publié le 21-03-2022 à 06h36
- Mis à jour le 21-03-2022 à 10h34

La statistique n'est pas de celles qui ont le pouvoir de redonner le sourire à Wout Van Aert. S'il a terminé samedi son sixième monument consécutif dans le top 10 en déboulant au bout de la Via Roma en huitième position, l'Anversois faisait la moue au moment de remonter dans le bus de sa formation Jumbo-Visma, stationné à proximité du Lungomare. "Mathieu van der Poel et moi avons couru pour gagner", soufflait le champion de Belgique. "D'autres pour un podium…"
Une référence claire et sans équivoque à l'attentisme de certains de ses rivaux plus souvent occupés à calquer leur course sur celle du vainqueur du dernier Circuit Het Nieuwsblad qu'à tenter d'en prendre l'initiative.
Un marquage à la culotte avec lequel Wout Van Aert risque bien de devoir encore très régulièrement composer dans les prochaines semaines de ce printemps des classiques et qui sonne comme le revers d'une domination hégémonique depuis l'ouverture de sa saison sur route. Une rançon à la gloire et au statut que le leader de la formation néerlandaise a encore un peu plus acquis ces dernières semaines.
Sur les pentes du Poggio, lorsque Tadej Pogacar est passé à l'offensive à quatre reprises, c'est à chaque fois Van Aert qui s'est employé pour combler l'écart derrière l'autre favori cinq étoiles de l'épreuve. "J'y ai laissé trop d'énergie car cela montait alors vraiment très vite et les attaques du Slovène étaient tranchantes", analysait le Campinois.
Une approche tactique en prolongation de la mainmise des formations UAE et Jumbo-Visma sur la course. "Pendant 250 kilomètres, notre coureur Jos Van Emden a pratiquement été le seul à rouler en tête de peloton pour contrôler l'échappée", commentait Richard Plugge, le manager de la structure de Wout Van Aert. "Même avec un Alaphilippe absent, les Quick-Step Alpha Vinyl nous ont donné un coup de main à un moment de la course. Cela n'a en revanche pas été le cas des Alpecin-Fenix, ce que je ne comprends pas bien. N'avaient-ils pas envie de gagner ? Même sur sa course de reprise, Mathieu van der Poel s'aligne toujours au départ d'une course pour tenter de la gagner."
Dans la Cipressa, c'est le forcing des équipiers des deux grands favoris qui avait permis de réduire le groupe des prétendants à une trentaine d'hommes et d'éliminer des sprinters comme Fabio Jakobsen par exemple avant que la grande bataille n'éclate sur les pentes du balcon de Sanremo.
Encore peu habitués à assumer presque intégralement le poids de la course, les Jumbo-Visma se verraient-ils désormais lestés d'une trop lourde charge sur leurs épaules ? "C'est vrai qu'il ne restait plus que Primoz (NdlR : Roglic qui a confié qu'il lui manquait ce petit 'kick' pour pouvoir être d'une plus grande à Van Aert) avec Wout quand la bagarre a éclaté sur les pentes du Poggio mais nous n'avons pas de regrets à nourrir, nous avons fait la course qu'il fallait, en prenant nos responsabilités", continuait le boss de l'équipe néerlandaise. "Sanremo est une course très particulière sur laquelle il est extrêmement difficile de surprendre et d'opérer des décisions. Cela sera différent sur les classiques flandriennes dans les semaines qui s'annoncent, je pense. Je suis par ailleurs convaincu que nous trouverons dans les Quick-Step Alpha Vinyl un allié pour dynamiter ces courses. Ce n'est pas le genre de la maison de subir les événements dans une tactique attentiste…"