On vous dévoile 10 histoires du mercato : un Mancunien pour Anderlecht, une visite médicale qui coince, un montage financier limite, une lutte d'egos…
Retour sur la fenêtre estivale du marché des transferts de Pro League avec dix anecdotes qui se sont déroulées dans les coulisses des clubs.
- Publié le 14-09-2023 à 10h25

Le marché des transferts belge a fermé ses portes mercredi 6 septembre : 294 arrivées, 443 départs et pas mal de petites histoires savoureuses, improbables, voire folles : on vous en a déterré dix.
1. Trebel n'a pas réussi ses examens à Eupen

Six ans après son transfert du Standard à Anderlecht, Adrien Trebel découvre un troisième club belge. Mais celui-ci a bien failli ne pas être Charleroi. Le médian français de 32 ans était parti pour signer à Eupen, tenté par son expérience et son profil… et bien connu pour être généreux en salaires, d'autant qu'il n'y avait pas d'indemnité de transfert à payer.
Mais voilà, alors que tout semblait réglé, la visite médicale a fait naître chez les Pandas un doute sur la solidité du genou de l'ex-Mauve, opéré à plusieurs reprises lors de sa période anderlechtoise. Au grand bonheur de Charleroi, qui n'a pas été refroidi, lui.
2. Papa van Bommel dit non pour son fiston
Un van Bommel aurait pu en cacher un autre, à l'Antwerp, sauf que "papa Mark" a préféré ne pas prendre le risque. Alors que son directeur sportif Marc Overmars était friand du fiston, Ruben, élu meilleur espoir de D2 néerlandaise avec Maastricht, Mark van Bommel a préféré ne pas mélanger famille et boulot. Le T1 de l'Antwerp n'a pas voulu donner l'impression d'un passe-droit en engageant son fils, malgré l'insistance d'Overmars. Le latéral gauche de 19 ans a tout de même changé de club cet été et a signé à Alkmaar.
3. Tchatchoua, un aller-retour italien pour du beurre
Toute fin août, Jackson Tchatchoua a quitté Charleroi pour un prêt à Hellas Vérone. Pourtant, quelques jours plus tôt, il aurait dû s'engager… au Torino. Le deal était bien engagé et le joueur s'était même envolé pour l'Italie où il devait passer ses tests médicaux et signer son contrat le samedi 26 août. Mais selon nos informations, un quiproquo interne entre le directeur sportif Davide Vagnati, le staff médical et l'entraîneur du Torino aurait fait capoter le transfert.
En effet, Jackson Tchatchoua, victime d'une fracture des cervicales fin juin, a encore besoin de quelques semaines pour être opérationnel. Le diagnostic posé par le médecin italien n'a apparemment pas plu au directeur sportif qui a dès lors changé de cible. À quoi tient un transfert… Penaud, Tchatchoua est alors rentré en Belgique, avant de reprendre l'avion pour l'Italie deux jours plus tard et de s'engager à Hellas Vérone. Pendant ce temps-là, le Torino recrutait Brandon Soppy. En prêt. Un latéral droit directement opérationnel.
4. Quand le chef scouting de Gand et Vanhaezebrouck se taclent en conférences de presse
Les journalistes présents en salle de presse de la Ghelamco Arena le 22 août pour la présentation d'Archie Brown et Omri Gandelman ne s'attendaient pas à une telle sortie. Présent sur l'estrade à côté des deux joueurs, Samuel Cardenas, le responsable du recrutement gantois, lâche à propos de l'international israélien U23 assis à ses côtés : "Omri est un transfert de Hein (Vanhaezebrouck), à 100 %." Comprenez : non validé par la cellule scouting. Relancé sur le sujet, Cardenas poursuit : "Je pense que j'ai été assez clair. Je ne peux pas en dire plus." Le médian israélien se demande où il est tombé.

Répons de HVH, le lendemain, toujours face à la presse : "On doit se demander si Samuel (Cardenas) est la bonne personne pour se retrouver en conférence de presse. Seuls deux joueurs du noyau actuel ont été recrutés par nos scouts. Le reste est venu via Michel (Louwagie) et ses contacts ou via le staff." Ambiance.
5. Donny van de Beek proposé à Anderlecht
L'arrivée à Anderlecht de plusieurs joueurs d'expérience venus de grands clubs – on pense à Schmeichel (Nice), Delaney (Séville) ou Hazard (Dortmund) – en a inspiré certains. Anderlecht s'est vu proposer plusieurs joueurs dans les dernières semaines du mercato. Et notamment Donny van de Beek (26 ans).

Le Néerlandais est sous contrat avec Manchester United où il a été transféré pour 40 millions en 2020 après avoir fait le bonheur de l'Ajax Amsterdam. Anderlecht n'a pas perdu son temps sur ce dossier. Les dirigeants n'étaient pas contre l'idée de relancer le joueur qui sort d'une période compliquée avec notamment une grosse blessure au genou, mais ils n'avaient pas besoin d'un profil comme le sien vu les transferts déjà réalisés et les pistes qui étaient lancées pour la fin du mercato. Le joueur n'aurait visiblement pas été contre un crochet d'un an par Bruxelles pour se relancer.
Il est actuellement bloqué chez les Red Devils et espère toujours trouver une porte de sortie.
6. Ernerst Nuamah a donné des cheveux blancs au manager des licences
Le transfert le plus onéreux de l'histoire de notre élite ne jouera probablement jamais en Jupiler Pro League. John Textor ne le cache même pas : si le RWDM a acheté le Ghanéen Ernest Nuamah près de 25 millions € à Nordsjallaend, c'est pour le prêter directement à Lyon, autre club de l'Américain, et contourner ainsi les sanctions de la DNGC (Direction nationale du contrôle de gestion), qui limite les montants que peut dépenser l'OL sur son mercato.
Même si la sanction lyonnaise ne concerne pas la Belgique, le manager des licences a passé une journée à étudier la légalité de ce montage, d'après nos informations, pour conclure qu'il n'avait rien à redire. Il a tout de même interpellé ses homologues de la DNCG… qui n'ont pas montré un grand engouement en retour, au grand dam de certains dirigeants de Ligue 1, d'ailleurs, qui apprécient peu de voir Textor se jouer des règles de la sorte.
Même s'il est censé récupérer l'argent dans un an, puisque le prêt est assorti d'une option d'achat obligatoire, le RWDM devra composer dans son bilan 2023-24 avec ces 25 millions dépensés… et cela ne sera pas sans impact sur la façon dont il devra répondre aux règles du fair-play financier belge.
7. Les Saoudiens aussi peuvent être radins

Descendu avec Zulte Waregem en Challenger Pro League, Zinho Gano ne s'en cache pas : il a des envies d'ailleurs et, surtout, de réaliser un transfert rémunérateur. Alors quand les clubs saoudiens sont venus aux nouvelles, il s'est dit "bingo". La deuxième ligue la plus dépensière du monde n'allait quand même pas caler pour s'offrir un joueur estimé à 1,5 million € par Transfermarkt ? Et pourtant. Malgré trois offres officielles envoyées à Zulte Waregem tamponnées par le ministère des sports saoudiens – qui supervise tous les transferts –, dont deux en provenance d'Abha Club, on était encore loin de ce qu'attendait le club flandrien. Car si les Saoudiens n'hésitent pas à offrir des salaires mirobolants, de quoi plus que tripler ses émoluments dans le cas d'un Gano, ils sont chiches en indemnité de transferts.
Gano est donc toujours à Zulte Waregem, en Challenger Pro League, où il empile les buts. Comble de malchance, il a été à deux doigts de signer au Havre et à Metz sur le gong du mercato français, mais un autre avant lui a été préféré à chaque fois.
8. Djenepo, moins de 72 heures chrono
Après avoir pris des renseignements auprès de Southampton sur la situation de Moussa Djenepo et les conditions du deal, le Standard n'a pas formulé d'offre jusqu'à ce qu'il soit mis au courant par un agent de la volonté du joueur de quitter l'Angleterre à tout prix et de revenir au Standard. Le vendredi, un call est organisé entre le joueur, l'agent et la direction. Rapidement, une offre est faite au joueur qui lui convient. Le club doit aller vite car de son côté, 777 Partners pousse pour que le Standard prenne Guven Yaclin en prêt, jugé trop court par Fergal Harkin. Après le match du samedi contre le RWDM, un call (décalage horaire oblige) est organisé entre la direction liégeoise et les décideurs de 777 Partners pour décider de l'envoi d'une offre.
Les Américains donnent leur feu vert, l'offre est envoyée le dimanche et acceptée le lundi matin. Le joueur prend alors le train pour rejoindre Liège. Quelques heures plus tard, Moussa Djenepo, parti pour plus de 15 M €, revient contre 3,5 M € et signe pour trois ans. Un deal mené en moins de trois jours !
9. À Courtrai, Burnley a déjà son mot à dire sur le recrutement
Robbe Decostere pensait se relancer à Courtrai après une saison sans beaucoup de temps de jeu au Cercle. Mais alors que tout était réglé avec le KVK et que la visite médicale avait même été effectuée, le latéral droit de 25 ans s'entend dire qu'il y a encore une étape à valider pour que le transfert se fasse : l'accord de Burnley, censé racheter le club sous peu. Face à cette hésitation, Decostere préfère opter pour une certitude et file à Zulte Waregem.
10. Vanderhaeghe et Ostende ont failli se remarier… mais cela finira devant le tribunal
Une histoire d'entraîneur, pour conclure : à la recherche d'un T1, Ostende pense à Yves Vanderhaeghe, celui-là même qu'ils avaient remercié en octobre pour engager Thalhammer.
Arrive dans les discussions la question de la somme que n'a toujours pas payée le club côtier à Vanderhaeghe suite à son licenciement et qui vaut un litige devant le tribunal. "J'ai proposé de la réduire en bonne partie, a expliqué celui qui est aujourd'hui T1 en D2 saoudienne au Nieuwsblad, mais il est apparu que ce n'était même pas assez à leurs yeux. Sorry, mais ce qui est dû est dû."
Les discussions en sont évidemment restées là. Et Yves Vanderhaeghe de se demander si le KVO ne l'a pas approché juste pour mettre un terme à l'action judiciaire. Raté.