À l'Ancienne avec Jonathan Legear : "La poule dans le casier de Boussoufa, c'était magique" (Podcast)
Le Liégeois revient sur sa riche carrière marquée par de nombreux fous rires.

- Publié le 28-08-2024 à 12h29
- Mis à jour le 26-08-2025 à 09h42

Anderlecht, le Terek Grozny, Olympiacos, Malines, Blackpool, le Standard, Saint-Trond, Adana Demirspor mais aussi Visé ou Verlaine sans oublier toutes les sélections de jeunes et les Diables à deux reprises. La carrière de joueur de Jonathan Legear s'est étirée durant 20 ans. Deux décennies qu'il a parcourues dans notre Podcast À l'Ancienne.
Jonathan, quel est le joueur le plus fort que vous avez affronté ?
"Roberto Carlos en match amical de gala contre le Real. Le meilleur opposant. En Belgique, Dante. Très fort quand même."
Quel est le joueur le plus fort avec qui vous avez joué ?
"Matias Suarez. Il me fait un peu penser à Messi dans le sens où c'est quelqu'un qui sait tout faire avec n'importe quel ballon qui arrive de n'importe où et n'importe comment… Dommage qu'il ait eu ses blessures. Sinon Vincent (Kompany) : après un an, on savait qu'il allait faire une grande carrière."

Quel est le joueur le plus méchant que vous avez croisé ?
"La plus grande crapule, c'était Jestrovic, capable de te mettre un coup de coude quand il était un peu dépassé. Il mettait des sales coups et parlait beaucoup. Il avait le sang chaud."
Quel était le joueur que vous détestiez affronter ?
"Dante et Onyewu quand il jouait avec Sarr. Les deux étaient costauds et rapides et je me demandais comment on pouvait les prendre…"
La plus grande crapule, c'était Jestrovic.
Qui était le joueur le plus drôle avec qui vous avez joué ?
"Hannu Tihinen et Meme Tchite. En mise au vert, à trois ou quatre heures du matin, il était encore au téléphone. Et pas doucement. Un très bon gars qui me faisait rire et qui n'avait jamais la pression. Il prenait le foot comme un jeu. Wasilewski était un comique aussi, il peut avoir de bonnes blagues comme le Smart dans le container, il y a eu plein de trucs mais c'était différent ; il était parfois sérieux. Tchite, lui, c'était tout le temps."

Qui était le plus fêtard ?
"La génération au début avec Jestrovic, Goran Lovre, Wilhelmsson. Ils aimaient faire la fête après les matchs. On va dire qu'ils m'ont un peu initié car j'avais 17 ans et eux étaient six ou sept ans plus âgés, je les suivais (sourire)."
Est-ce qu'il y a un joueur que vous avez perdu de vue et que vous aimeriez revoir ?
"Lukaku. Il a récemment dit que je l'avais fait marquer son premier but, que j'avais un super centre. Cela me ferait plaisir de le revoir, d'aller le voir avec mon fils."
Quelle était l'équipe la plus forte dans laquelle vous avez évolué ?
"C'est difficile de comparer les générations. Il y a eu Zetterberg et Bassegio puis Biglia et Polak. Disons l'Anderlecht entre 2007 et 2010."
Quelle est la plus grosse engueulade que vous avez vécue dans un vestiaire ?
"Une fois avec Vercauteren. J'étais le seul joueur à devoir rester l'après-midi pour m'entraîner quand tout le monde était en congé. Étant impulsif à l'époque, j'ai commencé à jeter le tableau par terre. Daniel Renders est venu me voir, je me suis un peu embrouillé avec lui et puis Vercauteren m'a appelé dans son bureau et il m'a dit : 'Si tu veux, t'es pas obligé de rester mais si tu pars, tu peux revenir dans une semaine et prendre 5 jours de vacances.' Je suis allé m'entraîner une heure à faire des centres pour les attaquants avec les U21. C'était juste pour travailler mon centre. Il a vu en moi une qualité un peu similaire à la sienne et il voulait juste me perfectionner. Après, je l'ai remercié et me suis excusé."

Quel a été votre plus gros fou rire ?
"J'en ai eu beaucoup mais le plus gros, c'est la poule dans le casier de Boussoufa. C'était magique, il arrivait toujours le dernier et quand il a ouvert le casier, la poule y était depuis 20 minutes. Il y avait des plumes partout. Il a d'abord eu peur, il a râlé, pris la poule puis a rigolé."
Mon plus grand regret? La Russie.
Quelle est votre plus grande fierté ?
"D'avoir été champion. D'avoir pu écrire l'histoire du championnat en ayant gagné 10 % de titres de l'histoire d'Anderlecht."
Et votre plus grand regret ?
"D'avoir signé en Russie. À refaire, je ne le refais pas. J'avais encore trois ans de contrat à Anderlecht, j'étais bien mais je voulais voir autre chose après neuf ans. Sauf que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Tu peux être pressé de partir. La meilleure option pour moi aurait été d'attendre et d'aller peut-être en Angleterre et là, j'aurais peut-être maintenant 70 ou 80 sélections."

Est-ce que justement il y a eu un transfert qui aurait dû se faire et qui ne s'est pas fait ?
"Il y en a eu plusieurs. Le plus gros, c'est Everton qui m'avait vu contre l'Autriche quand j'ai fait un super beau match avec les Diables. Ils sont revenus me voir à Anderlecht où j'étais Mister Europe donc tout était top. Mais Anderlecht demandait quand même, je pense, 6-7 millions d'euros, plus le salaire, cela faisait beaucoup pour un joueur blessé pas souvent mais pas mal de fois. Cela les a bloqués, ils ont proposé trois millions, Anderlecht a dit non."
Est-ce qu'il y a un match que vous aimeriez rejouer ?
"Celui contre le Partizan Belgrade en barrage de Champions League avec l'élimination aux tirs au but avec les ratés de Guillaume Gillet, Suarez et Biglia. Les trois meilleurs joueurs de l'équipe, presque, qui ratent leur penalty. J'aurais voulu peut-être vivre une expérience dans les groupes de Champions League vraiment en étant vrai titulaire."
Les deux panthères noires de 4 ou 5 mois de Kadyrov, c'était incroyable.
Quel est le match où vous vous êtes senti le plus fort ?
"La victoire 1-4 au Standard et où je marque un goal et je fais 2 assists, enfin il y a eu 2 buts contre leur camp mais ils venaient de très bons ballons de ma part. Donc on va dire que ce sont des assists, hein (rires). Je me sentais super fort avec cette victoire devant 30 000 personnes."

Quel est l'entraîneur que vous avez préféré ?
"J'en ai eu plusieurs mais si je dois faire un top 3, c'est Vercauteren, Jacobs et Ferrera."
Quelle est la chose la plus folle que vous avez vue ?
"Kadyrov. Un multimilliardaire qui ne se refuse rien et voit tout en grand. J'ai vu des trucs là-bas qui étaient incroyables comme les deux panthères noires de 4 ou 5 mois dans la salle à manger de son palais où on est allé manger, les 200 ou 300 voitures qu'il a avec de la poussière dessus. C'est la personne qui m'a le plus impressionné parce qu'il était un peu je-m'en-foutiste en étant chef d'État. Fana de sport et rigolo aussi avec nous."
Pour finir quelle est l'anecdote que vous n'avez jamais racontée ?
"Quand j'ai quitté Blackpool, je devais signer à Ujpest. Tout était OK et puis j'ai appelé Duchâtelet le jour où j'avais mon billet d'avion pour lui dire que j'avais beaucoup voyagé, que je voulais être près de ma famille avec mon fils qui était petit et que je voulais me remettre en forme. Je lui ai dit que je ne voulais pas aller à Ujpest et que la meilleure solution pour moi, c'était d'aller au Standard pour me laisser le temps de revenir. Il m'a dit 'non pas possible, mon fils va être déçu'. Mais après 20 minutes, il a fini par me dire que j'avais raison. Qu'il allait appeler Bruno Venanzi et Axel et que j'allais y aller dès le soir. C'était un ascenseur émotionnel. Je me voyais déjà partir à Ujpest, quitter mon petit que je ne voyais pas beaucoup pour jouer dix matchs alors que je n'étais pas prêt après un an compliqué. Et donc j'ai signé un an et demi au Standard où peu de temps après, j'ai été élu joueur du mois par les supporters en participant aux PO1 avec des assists et un but. Cela m'a donné la chance d'y rester trois ans. Si je n'avais pas pris mon téléphone, je me serais retrouvé à Ujpest et peut-être que ma carrière se serait arrêtée plus vite que prévu."