C'est la crise: Anderlecht est plus proche de la descente que du titre et doit éviter la saison flop
Anderlecht s'est pris une gifle à La Gantoise et doit trouver une solution rapidement pour que sa saison ne soit pas un échec complet. Le RSCA est plus près de la zone rouge que de la tête du classement.

- Publié le 25-10-2026 à 21h59
- Mis à jour le 25-10-2026 à 22h01

Vitor Bruno va dire qu'on n'est jamais content. Quand Anderlecht domine, mais perd, on est critique. Quand Anderlecht n'arrive pas à jouer son football, on est critique. C'est un fait, et c'est le baromètre d'Anderlecht, où l'exigence allie résultats et manière. Mais avec un 4-0 pris sur le terrain d'un concurrent, il n'aura pas à se plaindre tant le constat est limpide: c'est la crise au RSCA.
Jusqu'à baisser les bras en fin de match, les Mauves ont pourtant été meilleurs que La Gantoise dans le contenu, mais ils ont été bien trop naïfs pour l'emporter. Et cette défaite est douloureuse à tous les niveaux. Encaisser quatre buts, ce n'est jamais anodin. Plus que de freiner une nouvelle fois la relance tant espérée depuis la trêve internationale, ce revers porte un coup de massue au classement.
Les places ne sont pas figées dès la fin octobre. Mais à moins d'acheter un très long bâton, Anderlecht n'a quasiment aucune chance de chatouiller le Club Bruges et l'Union. Deux formations qui semblent au-dessus du lot. Tout comme La Gantoise. Le leader de la Pro League compte neuf points d'avance sur Anderlecht. Autant que l'écart entre le RSCA, actuel cinquième, et… la zone rouge.
Plus réalistement, Anderlecht doit espérer jouer la quatrième place, qui devrait lui ouvrir les portes de l'Europe. Et même cet objectif ne sera pas simple à atteindre. Le faux pas de Charleroi lui permet de ne compter que cinq unités de retard sur les Zèbres, positionnés juste un cran au-dessus. Mais le Sporting commence aussi à devoir regarder vers le bas. Zulte Waregem, dixième, ne se trouve qu'à cinq points des Mauves.
Beaucoup de calculs et de chiffres pour mettre en évidence la position difficile des Bruxellois au classement, après leur élimination en Coupe.
Ça, c'est pour le contexte (très important). Et le contenu ? Durant 75 minutes, il n'était pas aussi mauvais que le score le laisse penser. Anderlecht a été l'équipe la plus dominante et la plus dangereuse. Monté au jeu à la pause, Onia Seke a fait trembler le cadre au cours d'une mi-temps remarquable pour un gamin de 17 ans. Foot-fiction : s'il avait marqué, le match aurait pu basculer en faveur des Bruxellois.
Cette frappe manquée relève de la malchance, tandis que les principales autres occasions sont davantage dues à la maladresse. Cvetkovic a tout tenté, mais rien n'a fonctionné. Comment expliquer qu'il n'ait pas réussi à convertir au moins une de ses occasions ? Et pourquoi Bruno n'a-t-il pas lancé Bentayeb, qui aurait peut-être trouvé la solution dans ces situations ?
Certains choix du coach ont posé question, notamment l'absence de jeu sur les flancs, où il y avait pourtant davantage d'espace que dans un axe contrôlé par Burgess. Car, malgré de nombreux moments intéressants, Anderlecht avait la possibilité de se montrer encore plus dangereux. Les joueurs ont aussi leur part de responsabilité et ont souvent manqué d'idées dans les vingt derniers mètres.
La Gantoise, elle, ne se fait pas prier devant le but. Elle a été bien aidée par la naïveté de son adversaire. Qui ne sait pas que les Buffalos peuvent filer à 1 000 à l'heure en contre ? Sur quel type de phase Anderlecht a-t-il encaissé ses buts ? Des contres. Au point de se demander si les points forts de l'adversaire avaient été correctement analysés.
La ligne défensive est positionnée haut et joue le hors-jeu, mais elle n'avait pas les moyens de ses ambitions ce dimanche. Araujo a traumatisé l'alignement défensif, transformant le point fort d'Anderlecht en faiblesse. L'arrière-garde a été ridiculisée. Même Pétrot en a fait les frais, avec son moins bon match et une sortie dès la pause. Maamar a été lancé pour le contrer. Il s'est fait manger.
On s'était interrogé sur le caractère accidentel de la défaite après l'élimination en Coupe. Il est désormais clair qu'Anderlecht a un sérieux problème et vit un début de crise. On peut commencer à débattre sur ce terme. Ce n'est finalement pas le plus important, car une chose est certaine : on a dépassé le simple stade de l'interrogation ou de la préoccupation. Anderlecht est dans l'urgence s'il veut éviter que sa saison ne soit déjà terminée en mars.