Ancien grand espoir, Adrien Bongiovanni est de retour au Standard: "La décision de partir avait été prise à ma place"
À 22 ans, l'ex-grand espoir du foot belge s'est affilié au Standard en toute discrétion mi-janvier après un parcours compliqué depuis son départ de l'académie des Rouches il y a sept ans.

- Publié le 03-02-2022 à 08h19
- Mis à jour le 03-02-2022 à 18h22

C'est l'arrivée la plus discrète de l'intense mercato hivernal au Standard. Mais pas la moins étonnante. Adrien Bongiovanni a quitté un contrat au Patro Maasmechelen (Nationale 1) pour s'affilier dans le club qu'il avait quitté avec fracas pour Monaco en 2015, juste avant ses 16 ans. Un retour qui passe d'abord par la case U21 avant, peut-être, un passage en A et la signature d'un contrat. Chez lui, en plein centre de Liège en compagnie de son épouse Manon et de leur fils Tiago (2 ans, qui aura une petite sœur en avril), il a accepté de nous raconter les coulisses de ce retour inattendu.
La surprise a été grande de vous voir revenir au Standard un gros mois après avoir signé un contrat au Patro Maasmechelen.
"J'étais sans club depuis l'été. Mes agents (NdlR : Kristof Vandermissen et Dimitri Hendrickx de Cherry Sports) m'ont parlé du Patro en D3 pour retrouver du temps de jeu. J'ai dit oui mais j'ai vite compris que ce n'était pas mon style de jeu, pas ce que je cherchais. Mes agents m'ont dit qu'ils allaient chercher autre chose. De mon côté, j'avais déjà pris contact avec Bruno Venanzi."
Vous-même ?
"Oui, oui. J'ai réussi à avoir son numéro grâce à Axel Lawaree. Je tenais à lui parler, à lui donner ma version de mon départ du Standard pour Monaco. Je savais que ma signature à Monaco ne lui avait pas plu et je voulais lui expliquer ce qu'il s'était réellement passé à l'époque."
Que s'était-il passé ?
"J'avais 15 ans et je n'étais au courant de rien. Le Standard m'avait fait une proposition de premier contrat professionnel et on ne me l'avait même pas dit. Monaco parlait déjà directement avec Didier Frenay, mon agent à l'époque. Il m'a dit que je pouvais signer là-bas et que c'était une bonne idée, à ses yeux. J'ai répondu que je voulais rester au Standard. Quelques semaines sont passées puis il m'a dit que c'était terminé pour moi au Standard et qu'il fallait que je signe à Monaco. J'étais un gamin encore très influençable et je suis parti. J'avais vraiment envie de clarifier les choses avec le président, qu'il comprenne que ce n'était pas mon intention de m'en aller et que la décision avait été prise à ma place."
Qu'a répondu Bruno Venanzi ?
"Après ce rendez-vous, j'ai reçu un coup de fil de Réginal Goreux. Il me disait que le Standard était prêt à me laisser une deuxième chance chez les U21 pour voir où j'en étais. Si ça se passe bien, il pourrait alors être question d'un passage chez les A et d'un contrat. On a trouvé une solution avec le Patro pour rompre le contrat. Le coach Stijn Stijnen et le club ont été très corrects, c'est chic de leur part."
La balle est donc dans votre camp à présent.
"Je veux redevenir compétitif après être resté longtemps sans match (NdlR : il n'a plus joué depuis le 20 novembre 2020 avec Den Bosch en D2 néerlandaise). Je veux tout donner car je voulais vraiment revenir au Standard. C'est le club de mon cœur et je rêve de jouer à Sclessin avec le maillot rouge et blanc. J'espère avoir une chance de montrer ce que je sais faire. Mon talent n'a pas disparu et j'ai gagné en maturité dans un milieu du foot difficile."
Existe-t-il une date de fin à votre période d'essai au Standard ?
"Non. Je viens juste d'arriver et on verra comment ça évolue au fil de semaines. Si la direction voit que ça se passe bien, on fixera une nouvelle réunion pour décider de ce qu'on fait. J'ai déjà recroisé le noyau A en salle de musculation. J'ai encore joué avec Arnaud Bodart chez les jeunes vu que j'étais surclassé d'un an."
Même si c'était directement en A et avec un autre statut, Zinho Vanheusden a aussi fait démarrer sa carrière pro au Standard après avoir quitté le club pour l'étranger avant son premier contrat. C'est un exemple pour vous ?
"Oui, c'est l'exemple à suivre. On est parti en même temps du Standard. Mais son départ à l'Inter avait quand même été moins brutal que le mien. Mon agent de l'époque avait dit au Standard que je m'en allais et je ne suis plus venu du jour au lendemain. La rancœur était plus forte à mon égard. Je remercie d'autant plus Bruno Venanzi d'avoir pris le temps de m'écouter."
Vous en voulez à Didier Frenay ?
"Je ne parlerai jamais mal de lui, même si ce n'est plus mon agent. Il m'a eu un beau contrat à Monaco. Mais j'aurais aimé plus de communication et de transparence. J'aurais voulu qu'on me présente la situation, avec la proposition du Standard et celle de Monaco, puis qu'on me laisse choisir."
Quelle a été votre réaction en retrouvant l'académie, six ans et demi après votre départ ?
"Un sentiment très bizarre mais avec beaucoup de joie dedans. Je n'y avais plus mis les pieds depuis mon départ. J'y étais quand même arrivé à l'âge de 5 ans. C'est là que j'ai passé l'essentiel de ma vie."
Manon intervient : "Adrien est un dingue du Standard. Il regarde tout le temps les matchs et il ne parle que de ce club depuis qu'on s'est rencontré en France. Dès qu'on est venu à Liège après la fin de son contrat à Monaco l'été dernier, il est allé à la billetterie à Sclessin pour prendre un abonnement."
Vous êtes abonné pour la saison en cours ?
"Oui, j'ai un abonnement en T1. J'ai vu tous les matchs à domicile en dehors des huis clos. Le Standard, c'est mon club, Liège, c'est ma ville. Je n'ai pas besoin du soleil et du glamour de Monaco, c'est ici que je me sens bien."
Vous pensez que votre carrière aurait été différente si vous aviez signé votre premier contrat pro au Standard ?
"Réussir à l'étranger si jeune, c'est très difficile. Tout est très différent. Le projet, la mentalité, l'encadrement… À Monaco, il y a beaucoup de talents qui viennent du monde entier. Se faire une place n'est pas simple. J'ai quand même pu jouer pas mal de matchs pro grâce à mon prêt au Cercle. J'ai aussi beaucoup appris à Monaco en côtoyant de grands joueurs comme Kylian Mbappé. On a gagné la Coupe Gambardella ensemble (NdlR : la Coupe de France U19). C'était déjà un phénomène."