Qui est Katie Schide, la successeur de Courtney Dauwalter au palmarès de l'UTMB féminin?
En l'absence de la tenante du titre mais aussi de la Française Camille Bruyas, 2e en 2021, l'Américaine de 31 ans, qui avait déjà terminé 6e et 8e à Chamonix, faisait partie des principales outsiders à suivre sur l'UTMB féminin. Victorieuse en 23h15 (22e au scratch), celle qui vit en France, dans le Mercantour, a plus qu'assumé ce statut.

- Publié le 26-08-2022 à 17h13
- Mis à jour le 29-08-2022 à 09h59

D'un naturel plus discret sans pour autant ne pas partager avec sa compatriote un large sourire quand elle court, Katie Schide, au format plus menu, faisait partie de ces filles à suivre sur l'UTMB en l'absence de sa compatriote américaine Courtney Dauwalter, double lauréate en titre.
Sixième et huitième par le passé sur l'UTMB, Katie Schide est (presque) sur son terrain de jeu à Chamonix, même si elle avoue préférer les charmes du Mercantour où elle réside désormais avec son compagnon français Germain Grangier, lui aussi ultra traileur de haut niveau qui était présent sur l'UTMB (abandon). Elle l'a confirmé tout au long d'un beau duel avec la Canadienne Marianne Hogan, qu'elle a finalement réussi à garder derrière elle malgré une fin de course maquée par la fatigue et bouclée en 23h15 (22e au scratch).
Avant l'UTMB, nous avions eu l'occasion de rencontrer celle qui, quelques semaines plus tard, allait donc devenir la future lauréate de la course la plus prestigieuse au monde.
"Mon objectif était de me présenter sur la ligne de départ avec le sentiment d'avoir fait la meilleure préparation possible", nous confiait-elle récemment après une sortie sur les Chamonix à l'occasion d'un événement organisé par l'équipementier The North Face qu'elle a rejoint en 2022. "Plus que l'ambition, je veux participer en ayant ce sentiment de connaître la grande chance d'être là à faire ce que j'aime."
La passion plus que les résultats
Vraie touche-à-tout du sport, Katie Schide, géologue de formation, aime à varier les plaisirs sportifs qu'offre la montagne. Entre le ski-alpinisme l'hiver, les off avec son compagnon et ses amis ou les compétitions, les défis ne manquent pas. L'athlète du team The North Face connaît néanmoins l'importance d'un rendez-vous comme l'UTMB entouré de longue date dans son agenda, bien qu'elle avoue qu'un podium ne serait pas un aboutissement. "Aucun jour n'est plus important qu'un autre à mon sens", balaie-t-elle. Et d'ajouter: "Mais l'UTMB est tout simplement la course d'ultra la plus compétitive de l'année. J'apprécie cette chance de pouvoir prendre part à des épreuves de haut niveau. Parce que côtoyer de grands athlètes me pousse à donner le meilleur de moi-même, tout simplement."

Une culture sportive made in USA
Ancienne hockeyeuse, sport qu'elle pratiqua jusqu'à ses années universitaires dans l'Utah, Katie Schide a grandi avec une culture sportive bien différente de celle généralement prônée en Europe. Le trail, elle ne l'a découvert que sur le tard, voici une dizaine d'années. A l'école, auparavant, Katie Schide se souvient avoir pratiqué jusqu'à 3-4 sports collectifs différents au sein d'une structure organisée tout au long de l'année autour de la pratique sportive dans le cadre scolaire.
"Le sport a toujours fait partie de ma vie, je ne me suis jamais demandé si ce n'était pas opportun ou risqué de s'essayer à une nouvelle pratique."

A ce titre, elle se félicite de l'impact que les performances et la personnalité de Courtney Dauwalter, lauréate en 2019 et 2021 à Chamonix mais surtout figure de proue de l'ultra-trail féminin, peuvent avoir sur sa discipline.
"Ces performances sont vraiment inspirantes et ont apporté une belle couverture positive pour le trail féminin et l'ultra. Courtney élève clairement la barre de ce qui est possible et s'érige en ambassadrice humble et positive pour notre sport", reconnaît-elle, admirative. "Aux Etats-Unis, la part des femmes sur un trail est assez importante. J'aimerais que cela évolue encore positivement en Europe. Si nous encourageons les jeunes filles à faire du sport dès leur plus jeune âge, comme j'ai pu le faire à l'école, elles gagneront en confiance et cela n'en sera que bénéfique pour le reste de leur vie."