L'objectif de Florine Gaspard avant l'Euro de natation : laisser son stress au vestiaire
Un bon mois après ses premiers championnats du monde en grand bain, Florine Gaspard s'apprête à disputer son premier Euro.
- Publié le 03-08-2022 à 08h00

Ce sera le 12 août, à Rome. Florine Gaspard entrera en lice, sur 100 m brasse, au championnat d'Europe de natation en grand bassin. Son premier du genre, un bon mois après son premier Mondial, disputé à Budapest (auparavant, elle ne s'était produite qu'en petit bassin dans ces rendez-vous internationaux). Dans la capitale hongroise, la Bastognarde affiliée au Cercle des Nageurs de Marseille n'a pu franchir le cap des séries sur 50 et 100 brasse. En Italie, sur les mêmes épreuves, elle tentera forcément de faire mieux. Mais elle veut surtout s'y libérer d'une pression qui la handicape parfois.
Florine, à quelques jours des championnats d'Europe, revenons d'abord sur ces Mondiaux disputés en juin à Budapest. Vous étiez déçue sur le coup. Mais avec un mois de recul, quel est votre sentiment ?
"Je le suis moins. La déception a duré une semaine, guère plus. Quand on analyse bien les choses, c'était mon premier Mondial en grand bain. Sur 50 m, je rate la demi-finale pour une place. Certes, j'aurais pu mieux nager l'après-midi, mais je préfère retenir le positif : 17e, c'est déjà une fierté. J'y allais de toute façon sans véritable objectif chiffré. Après une très bonne préparation, il s'agissait surtout de pouvoir nager sans trop de stress, ce qui m'amène parfois à perdre mes moyens. C'est cependant ce qui s'est produit."
Vous ne songez pas à faire appel à un psychologue du sport pour y remédier ?
"Si. Via mon contrat Adeps, je peux en bénéficier et cela va être mis en place dès le début de la prochaine saison. Physiquement, je me sens très bien ; mentalement, c'est plus compliqué. Donc, cela vaut la peine d'essayer."
En attendant, il y a cet Euro qui se profile. Vous vous rendez en Italie avec quelles ambitions ?
"Les mêmes qu'à Budapest. Je ne me dis jamais que je veux atteindre une finale ou réussir tel chrono ; c'est le meilleur moyen d'échouer. J'ai surtout envie d'être bien mentalement, de gagner en expérience aussi. Je ne pourrais pas nécessairement prétendre que mon Euro est réussi si j'atteins une finale. Il y a d'autres aspects importants en vue de la saison prochaine et surtout de mon plus grand objectif : les Jeux olympiques à Paris. Pour cet Euro, l'approche sera néanmoins un peu différente de celle du Mondial."
En quel sens ?
"Une période d'affûtage un peu moins longue, une semaine plutôt que deux, et une préparation un peu plus axée sur le 100 m que sur le 50. S'entraîner pour être au top sur 50 m en juin puis en août, en peu de temps donc, c'est assez compliqué."
Mondial et Euro qui se succèdent ainsi, ce n'est d'ailleurs pas courant, non ?
"Effectivement. D'ailleurs, même les entraîneurs se demandaient comment enchaîner au mieux."
Et quel a dès lors été votre programme depuis Budapest ?
"J'ai coupé durant trois jours quand je suis rentrée à Bastogne. Puis j'ai rejoint Marseille où j'ai repris l'entraînement. J'avoue que trois jours, ça me paraissait très court, je n'avais pas envie de reprendre si vite, mais quand on est jeune, c'est enrichissant aussi de se mettre ainsi dans l'inconfort."
Vous partez bientôt pour la capitale italienne ?
"J'y serai lundi, en matinée. Cette fois, je ne fais pas de crochet par la Belgique pour rejoindre la délégation à Bruxelles comme auparavant ; cela me permettra d'éviter la fatigue d'un voyage supplémentaire."
Vous parliez de l'importante saison prochaine…
"Oui, le travail sera important afin de réussir les minima pour les Jeux. Et les compétitions majeures vont s'enchaîner puisque, conséquence de précédents reports, il y aura des Mondiaux en juillet à Fukuoka et déjà les suivants en janvier 2024 à Doha. Un championnat d'Europe doit aussi être programmé en 2023 (NdlR : en petit bassin, en Roumanie. Et les Mondiaux en petit bassin se dérouleront à Melbourne en décembre 2022). Mais avant tout cela, juste après Rome, je m'offrirai deux semaines de vraies vacances avec ma famille."