En devenant CEO du RAEC Mons, Alex Hayes est de retour en Belgique : "Ce que j'ai fait à l'Union reste une fierté"
Le Franco-Britannique a lancé sa carrière en Belgique à l'Union, alors en D1B. Il veut, aujourd'hui, aider Mons à remonter.

- Publié le 28-02-2026 à 09h59

Plus de cinq ans après son départ de Virton et sept de l'Union, Alex Hayes est de retour en Belgique. L'ancien dirigeant de Lorient a posé ses valises à Mons en D1 ACFF, dont les playoffs débutent ce week-end, pour y reprendre le rôle de CEO, après avoir été mis en contact avec la direction par Charlie Methven, l'un des investisseurs arrivé avec Peter Gould et la Mont Pleasant Academy (Jamaïque) en août. Le quinquagénaire franco-britannique veut "remettre Mons sur la carte du foot belge".
Monsieur Hayes, où étiez-vous passé ces dernières années ?
Après Virton, je suis rentré en Angleterre avec mes enfants. J'ai aussi fait un peu de consulting, je suis resté dans le foot. J'ai notamment aidé certains investisseurs qui voulaient acheter des clubs. En Belgique mais aussi ailleurs. Rapidement, la vie dans un club me manquait. J'ai eu quelques opportunités mais venir à Mons semblait une évidence. Vous savez, je suis un grand fan du foot belge ! Je le trouve sous-coté. La Belgique offre, avec tout ce pot multiculturel, énormément d'opportunités. Vu sa position, vous pouvez bien exposer vos joueurs chaque week-end.
En Belgique, vous êtes surtout connu pour Virton et l'Union. Le club bruxellois a bien grandi depuis.
Quand j'ai quitté le club, c'était déjà en bonne voie. En fait, l'Union reste une grande fierté. Quand je suis arrivé, il n'y avait pas de staff, seulement quatre joueurs sous contrat, pas de staff médical, pas de centre d'entraînement. J'ai transformé l'ancien du Lierse et j'y ai fait construire des chambres (NdlR : aujourd'hui, le centre d'entraînement est à Woluwe-Zaventem). J'ai déniché Lukas Elsner, on a construit une équipe avec Selemani, Niakaté. Ensuite, un nouveau directeur sportif est arrivé et ils ont voulu revoir l'organigramme.
Voir l'Union championne et jouer en Champions League, cela ne vous fait pas un pincement au cœur ?
Ce n'est pas moi qui les ai faits champions mais je pense y avoir apporté ma pierre à l'édifice et j'en suis fier. À l'époque, on sentait de la frustration : ce club historique longtemps loin de la D1… Mais ce sentiment a été transformé positivement. J'ai commencé le processus, d'autres ont suivi. Maintenant, je suis à Mons où j'y retrouve le même sentiment de frustration d'être en D3. Je ne suis pas capable de réaliser des miracles mais je veux aussi contribuer à quelque chose.
Je crois avoir apporté ma pierre à l'édifice à l'Union.
Mons peut devenir la prochaine Union ?
Les deux cas sont différents. Mons a, selon moi, tout le potentiel pour devenir un club qui peut aller titiller les hauteurs du football belge. L'Union est rattachée à Brighton, ce qui donne des moyens hors normes. On ne peut donc pas comparer les deux projets et je serais malhonnête si je le faisais. Par contre, je peux affirmer que Mons possède les atouts pour remonter et avoir un rôle à jouer en D1. Il faut toutefois garder à l'esprit que rien n'est acquis et que cela ne se réalisera pas en un claquement de doigts. Il faut aussi le mériter en coulisses et sur le terrain.
Quels sont les atouts de Mons ?
Elle a beaucoup d'attractivité. En une heure, vous êtes à Lille ou à Bruxelles. Il peut être facile de convaincre un jeune joueur de France ou d'Angleterre de venir. Il y a toute la Ville, le club, le stade, les gens, les supporters… tout cet environnement. Mais aussi l'histoire footballistique qui y est bien présente.
Mons peut jouer un rôle dans le foot belge.
On a l'impression qu'il n'y a pas de plan B pour Mons cette saison.
Si on ne monte pas dans dix matchs, on recommencera la saison prochaine. Évoquer autre chose que la montée serait quand même aller à l'encontre de notre ambition. Ces prochaines semaines, il faudra la jouer à fond, avoir un peu de chance tout en n'oubliant pas qu'on aura aussi des équipes qui vont jouer à fond contre nous.
Comme Virton où votre mandat a été agité : la saga entre la relégation administrative en D2 ACFF et les recours, banderole des supporters contre vous, les joueurs pas payés…
Il faut aussi remettre les choses dans leur contexte. C'était l'époque du Covid. En D1B, on avait terminé premier au terme du championnat (NdlR : février 2020) mais seuls les vainqueurs des deux tranches pouvaient jouer la montée… Allez expliquer ça… Cette première place est une fierté tout comme de voir les carrières de Moris, Lapoussin ou Ribeiro. Je travaillais pour Monsieur Becca qui a décidé d'arrêter de payer les joueurs lors du Covid. Étais-je d'accord ? Non. Mais je suivais les ordres. Je comprends que les gens m'en veulent mais je n'ai que de l'amour pour le club. Vous ne restez pas deux ans si vous n'êtes pas aussi impliqué. En tout cas, j'ai hâte d'y retrouver les gens que j'ai croisés. J'ai tout donné à Virton. Je ferai de même à Mons.