Deux clubs hennuyers aujourd'hui en D1 contre quatre par le passé : le Hainaut est toujours à la recherche de son nouvel âge d'or
Avec de nouvelles ambitions et des ex de D1, le Hainaut voit l'émulation croître parmi ses différents clubs et revit bien en Pro League.

- Publié le 29-11-2025 à 13h56

Le choc hennuyer entre Charleroi et La Louvière ravive certainement de bons souvenirs à de nombreux fans de football dans la province la plus peuplée de Wallonie. Il fut un temps pas si lointain où Zèbres et Loups n'étaient toutefois pas les seuls à représenter la province au plus haut niveau.
Plus gros pourvoyeur de clubs wallons
Si on s'attarde d'ailleurs au nombre de clubs passés par la Division 1 depuis la création du foot pro en 1974, on en recense cinq : Charleroi, Mouscron, La Louvière, Mons, Olympic (une saison seulement en 1974-1975 pour le deuxième club de la métropole wallonne). Même la Province de Liège, la grande rivale, tirée par le Standard, ne fait pas autant en un demi-siècle de professionnalisme (avec Liège, Seraing et Eupen).
Cette saison, et en élargissant à la Pro League, cercle restreint devenu un objectif pour les clubs ambitieux, les Francs Borains et l'Olympic gonflent un contingent hennuyer remis à égalité avec les Liégeois (Standard, Liège, Seraing, Eupen).

Mais le Hainaut a déjà fait mieux par le passé. Lors de la saison 2002-2003, la toute première montée du RAEC Mons en D1 faisait passer le nombre d'Hennuyers à quatre… en D1 ! Une prouesse qui a duré trois saisons seulement et qui n'a plus été rééditée depuis.
Radiations et faillites
La RAAL historique a quitté le giron de la division 1 en 2006 pour dégringoler en D3 pour raisons administratives et a connu la radiation trois ans plus tard en raison de dettes très lourdes. L'Albert a pris l'ascenseur plusieurs fois avec la D2 pour disparaître en 2015 (alors en D2) suite à des tensions entre l'homme fort Dominique Leone et la Ville de Mons nourries par un stade pas fini (toujours pas aujourd'hui) et des dettes qui plombaient l'avenir du projet. Des repreneurs, même Salvatore Curaba, avaient été intéressés sans que cela n'aboutisse.
Le troisième larron à avoir disparu du paysage, c'est Mouscron. Les Hurlus ont connu beaucoup de joies mais aussi des peines avec deux faillites (2009 et 2022). Le séjour en D1 avait pourtant bien débuté avec une qualification européenne dans la foulée de la promotion en 1996 avec l'éclosion des frères Mpenza.

Mais durant l'ère Detremmerie, le club, qui pouvait compter avec le Futurosport sur un outil de qualité pour sa formation, a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre et le déficit creusé n'a jamais pu être comblé. Le 2e projet Mouscron tentait de vivre sous Gérard Lopez mais était déjà miné avant même d'avoir pu trouver un semblant de route de croisière dans l'anti-chambre de l'élite.
Autant de péripéties qui ont laissé Charleroi tout seul comme rival du grand Standard, même si les Dragons se sont aussi retrouvés isolés en D1 en 2012 quand le Sporting carolo a été relégué brièvement.
Le retour des ex-de D1
Dans la grisaille hennuyère, l'éclaircie n'est plus qu'à portée de rayon de soleil. Ils sont nombreux d'ailleurs à vouloir revivre les grandes soirées de foot comme à la belle époque. Comme à La Louvière dès 2017, d'autres projets de relance ont suscité un bel engouement avec des milliers de supporters dans les anciens stades de D1. Depuis quelques années, tant Hurlus que Dragons refont parler d'eux d'ailleurs.

D'abord dans le chef-lieu du Hainaut où le ballon rond a continué à rouler au Tondreau grâce à Quévy-Mons pendant quelques années. Le temps d'espérer une fusion avec les Francs Borains de Roland Louf. En plein Covid, la veille du dépôt de dossier, le RFB refermait toutefois le projet. Sans le savoir, il relançait là l'idée du RAEC Mons. Le président de Quévy et Frédéric Herpoel fondaient la Renaissance 44, devenue aujourd'hui Renaissance Albert Elisabeth Club pour pouvoir utiliser les quatre lettres historiques. Cinq ans plus tard, le RAEC est passé sous pavillon anglais et jamaïcain et espère ne plus louper la montée pour la Challenger Pro League en attendant toujours la rénovation du stade.
Mouscron est, lui, devenu Stade Mouscronnois quand, en 2022, Quentin Walcarius a voulu refaire vibrer le Canonnier avec le nom historique du club. Démarré en provinciale, le projet a tracé sa route soutenu par des milliers de spectateurs à la maison. Après trois montées successives, il mène aujourd'hui la danse en D3ACFF, la cinquième division belge avec un projet plus en adéquation avec la région. Parmi tous les clubs hennuyers des divisions nationales, Mouscron est le dernier qu'on voit revenir chez les pros à moyen long terme, derrière Mons qui rêve de retrouver le derby face aux Francs Borains.
Le RFB en est déjà à sa 3e saison en D1B et épaissit sa structure pour en devenir un acteur incontournable, tout en rêvant de pouvoir regarder plus haut un jour. Quant à l'Olympic, dernier Hennuyer revenu chez les pros, il a activé sa mission sauvetage pour éviter le retour rapide en D1ACFF.