Marcelo Rios ou l'homme qui détestait le monde entier : "Et toi tu es certainement un fils de pute"
Éphémère numéro un mondial, le Chilien avait le talent égal à l'insulte. Alors que la Belgique s'apprête à défier le Chili en Coupe Davis, voici une sélection des plus savoureuses punchlines de celui qu'on surnommait El Chino.
- Publié le 30-01-2025 à 17h56

"Et toi tu es certainement un fils de pute." Ces mots ne sont évidemment pas de Rafael Nadal et encore moins de Roger Federer. Kyrgios peut-être ? Non plus. Cette attaque ad hominem est signée Marcelo Rios, à l'adresse d'un journaliste qui se demandait s'il n'avait pas du sang indien. Fantasque et fantastique joueur des années 1990 et 2000, le Chilien, seul numéro un mondial de l'histoire à ne jamais avoir été auréolé d'un titre du Grand Chelem, était le sale type par excellence. "Un petit con" comme disait John McEnroe, qui faisait presque figure de chic type à côté de l'homme de Santiago. Multiple lauréat du Prix Citron à Roland-Garros (joueur le plus désagréable élu par ses confrères), El Chino (le Chinois en espagnol) c'était aussi un physique qui allait de pair avec le comportement, avec sa queue de cheval et son regard noir.
Marcelo face aux journalistes : "Sucez-vous tous, parce que moi je ne parlerai à personne"
Marcelo Rios n'aimait personne, et les journalistes encore moins. Nelson Montfort, consultant au bord des courts de Roland Garros pendant des décennies, a pu le constater après avoir encaissé un "fuck" de la bouche du Chilien. Mais El Chino a pris un violent retour de flamme, quand la presse à scandale chilienne a révélé l'un de ses adultères. Sa petite amie prit la décision de rompre fissa en découvrant les images de son mari, dansant avec une femme dans un club parisien. La brute au cœur épais rompit alors l'armure, lors d'une conférence de presse quelques jours plus tard, lors de laquelle il lira une lettre d'excuse à sa femme et terminera en larmes. L'arroseur arrosé.
Et sa retraite du circuit ATP ne l'a pas apaisé comme en témoigne cette sortie en 2018, alors qu'il était vice-capitaine du Chili en Coupe Davis. "Comme le dit mon ami personnel Diego Armando (NdlR : Maradona), sucez-vous tous, parce que moi je ne parlerai à personne", avait-il déclaré pour esquiver les questions des journalistes.

Marcelo face aux joueurs : "Rios est le pire connard que je n'aie jamais rencontré"
Le Chilien, à force de mal parler à ses collègues, s'est forgé une sale réputation dans les vestiaires. Ilie Nastase, double vainqueur en Grand Chelem, livrait un regard cru sur El Chino : "Rios est le pire connard que je n'aie jamais rencontré. Demandez à tous les joueurs ce qu'ils pensent de lui, vous aurez la même réponse." Demandons donc à Filip Dewulf ce qu'il en dit : "Rios ? Son comportement dans le vestiaire, ce n'était pas du tout mon style. Aucune éducation. Jamais un bonjour. Chez nous, on dirait que c'était un "paysan."
Il ne portait pas plus d'amour pour Andre Agassi, qu'il a accusé d'avoir été couvert par l'ITF dans des affaires de dopage. "Ils ont attrapé (Andre) Agassi quatre fois pour dopage, et l'ont couvert car c'était Agassi, et que le tennis allait dans le mur : ce sont des merdes, des gringos."
Marcelo face au monde : "'Si quelqu'un me fait chier, je le fais tuer'"
Marcelo Rios savait aussi allier les mauvaises paroles aux mauvais gestes, sur et en dehors des courts. Comme à Rome en 2001 ou il se battit avec un chauffeur de taxi. Avant d'être arrêté par la police romaine avec qui il n'hésita pas non plus à échanger quelques coups. Le Chilien en voulait à la terre entière et ne faisait pas la distinction de ses interlocuteurs, "fille de pute", lâchera-t-il encore à une gamine de 12 ans qui voulait un autographe. Classe. Comme cette histoire dans une boîte de nuit à Santiago. Le journaliste chilien, Mario Cavalla qui l'a côtoyé, raconta cette anecdote qui s'y est déroulée lors de la préparation d'un match de Coupe Davis, pour le magazine 40-A. "Il dit : 'Si quelqu'un me fait chier, je le fais tuer' (….) Dix minutes après, il va aux toilettes et pisse sur le mec." Un être à part, définitivement.
Marcelo maintenant : "Il a désormais déménagé aux Etats-Unis"
Vice capitaine de la sélection chilienne de Coupe Davis, puis entraineur de la pépite chinoise Juncheng Shang, qu'il avait finalement surnommé de "branleur', durant un court laps de temps en 2022, Marcelo Rios n'est désormais plus dans le monde du tennis. Comme le confiait Nicolas Massu, en conférence de presse mardi. "Il faisait partie de l'équipe au début, il y a quelques années. Il a désormais déménagé aux Etats-Unis et vit à Sarasota depuis quatre ou cinq ans." Et c'est sans doute mieux comme ça.