Musique, bruit des spectateurs et même odeurs de marijuana: à l'US Open, garder sa concentration est un vrai défi, "c'est un peu le cirque"
De nombreux joueurs se sont plaints de spectateurs bruyants ou changeant de place depuis le début de l'US Open.

- Publié le 31-08-2025 à 08h46

Musique, bruit des spectateurs et même odeurs de marijuana: à l'US Open, garder sa concentration tout au long d'un match est un défi plus difficile à relever qu'ailleurs pour les joueurs, dont certains apprécient cependant l'effervescence unique.
"Cette année, il y a énormément de bruit", a estimé l'expérimenté Adrian Mannarino (37 ans) mercredi après sa victoire au deuxième tour.
"Je trouve que c'est un peu le cirque sur le court: les gens bougent entre les jeux, entre les points parfois. On laisse un peu trop tout faire. Ça reste du tennis, ce n'est pas du foot!" a-t-il insisté.
Le Français venait alors de quitter le court N.11, situé à un jet de pierre des restaurants destinés aux spectateurs mais surtout du court Arthur-Ashe.
"Quand un match se termine sur le court central, il y a la musique à fond, les gens font du bruit... ça rajoute des difficultés à tous les joueurs au niveau de la concentration", déplore le gaucher, qui dispute dimanche son premier huitième de finale à l'US Open.
Un bruit de fond permanent aux antipodes du silence religieux prévalant par exemple sur le court central de Wimbledon, mais qui n'incommode aucunement la 4e mondiale Jessica Pegula.
"Je ne suis pas vraiment gênée par les spectateurs qui entrent et sortent du court", a assuré l'Américaine, finaliste à New York en 2024.
"Je déteste le fait que les gens doivent attendre dehors jusqu'à un changement de côté" pour pouvoir se déplacer ou entrer dans les tribunes. "Du point de vue des spectateurs, ce n'est pas drôle de devoir patienter et de rater une grosse partie du match. Je trouve que ça devrait changer", a plaidé Pegula.
Dissipé, le public new-yorkais peut devenir carrément hostile, comme lors du premier tour de Benjamin Bonzi où les tribunes se sont déchaînées contre le Français à qui l'arbitre venait d'accorder un second premier service sur une balle de match, en raison de l'"interférence" d'un photographe positionné en bord de court.
Coutumier des esclandres sur le court, son adversaire Daniil Medvedev, ex-N.1 mondial et vainqueur du tournoi en 2021, s'est bien gardé d'appeler la foule au calme, en tout cas dans un premier temps.
Avions et métro
"J'étais en très bonne posture, c'était une balle de match", a rappelé Bonzi devant la presse. "Chaque fois que je m'approchais de la ligne de fond pour servir, tout le monde me huait. Je pense n'avoir rien fait durant le match pour mériter un tel traitement", s'est étonné le 51e mondial.
"C'est très difficile de jouer au tennis quand tu n'entends pas le son de la balle, des frappes", a-t-il conclu.
Opposé vendredi à l'illustre Novak Djokovic (7e) sur le court Arthur-Ashe, Cameron Norrie (35e) n'a pour sa part pas réussi à communiquer avec son clan dans les tribunes.
"Quand j'essayais de parler à mon équipe, je n'arrivais pas à entendre ce qu'elle me disait", a raconté le Britannique, satisfait malgré sa défaite d'avoir joué dans une ambiance "formidable".
En dehors du vacarme des tribunes, les joueurs engagés dans le dernier Grand Chelem de la saison doivent aussi composer avec le ballet des avions qui décollent et atterrissent à l'aéroport LaGuardia, et les crissements du métro qui charrie son lot de spectateurs quotidiens.
L'agitation permanente de la ville qui ne dort jamais tranche avec le cadre bucolique du bois de Boulogne et des serres d'Auteuil, ou le cours paisible de la rivière Yarra qui borde Melbourne Park.
En plus du bruit, les joueurs doivent s'accommoder des odeurs de marijuana qui flottent de temps à autre sur Flushing Meadows, notamment sur le court N.17 situé en bordure d'un parc.
Avant que Djokovic et le Norvégien Casper Ruud ne s'en offusquent cette année, le N.3 mondial Alexander Zverev avait marqué les esprits par une formule choc.
Sur le court N.17, "on se croirait dans le salon de Snoop Dogg", avait plaisanté l'Allemand en référence au rappeur connu pour sa consommation régulière de marijuana.
