Australian Open – La maman Elina Svitolina, qui a balayé Coco Gauff, l'avoue sans détour : "La guerre m'a rendue plus forte"
L'Ukrainienne, marquée par le conflit dans son pays, va disputer à 31 ans la première demi-finale de sa carrière à Melbourne.

- Publié le 27-01-2026 à 19h38

Dans une édition de l'Australian Open 2026 déjà riche en émotions pour elle avec une victoire contre Mirra Andreeva, Elina Svitolina a écrit une nouvelle page de son histoire en se qualifiant pour la première fois de sa carrière en demi-finales à Melbourne. L'Ukrainienne de 31 ans a surclassé la troisième mondiale Coco Gauff (6-1, 6-2), signant une performance impressionnante dans une Rod Laver Arena chauffée à blanc et assurant son retour dans le top 10.
Ce succès n'est pas seulement sportif : il symbolise une trajectoire unique, façonnée par la guerre en Ukraine et la naissance de sa fille. Depuis l'invasion de son pays par la Russie en février 2022, la femme de Gäël Monfils a souvent évoqué l'impact profond de ce conflit sur sa vie et son tennis : "La guerre m'a rendue plus forte, elle m'a appris à prendre du recul. Il y a des choses bien pires que de perdre un point, un match", a-t-elle confié évoquant la manière dont ces épreuves redéfinissent les priorités d'un athlète et d'une mère.
Marquée par sa maternité − sa fille Skaï est née en octobre 2022 −, l'ancienne double demi-finaliste de Wimbledon (2019 et 2023) a fait un choix de moins en moins rare dans le sport de haut niveau : mettre sa carrière en pause pour ensuite revenir. Mais la joueuse semble maintenant plus complète. Elle-même a reconnu que devenir mère l'avait transformée : "Je suis plus sereine, plus philosophe face aux défis, moins obnubilée par les résultats bruts que par l'essence même du jeu." Cette expérience humaine lui a donné une force nouvelle, un équilibre qu'elle n'avait peut-être jamais connu auparavant, et qui transparaît aujourd'hui dans son tennis.
La naissance de sa fille lui a donné un nouvel équilibre.
De retour sur le circuit après une coupure de quatre mois entre septembre 2025 et janvier 2026 pour se protéger mentalement et physiquement, la native d'Odessa s'est présentée à Melbourne avec une fraîcheur éclatante. Après avoir remporté le titre à Auckland en début d'année, elle vient d'aligner dix victoires. Celle qui a fait graver sur son corps un tatouage de panthère pour symboliser la force et l'intelligence a prouvé qu'elle n'était plus seulement une combattante mais une candidate sérieuse à la finale d'un Grand Chelem.

"Une coupure salvatrice"
À l'issue de sa victoire sur Gauff, Svitolina a livré ces mots forts : "Si je ne m'étais pas arrêtée, je ne serais probablement pas ici aujourd'hui. Ce retour dans le top 10 était un rêve pour moi, je savais que cela prendrait du temps, mais je n'ai jamais cessé d'y croire."
Pour l'Ukrainienne, l'histoire est bien plus qu'une suite de résultats : c'est une démonstration de résilience. Entre les nuits blanches passées à suivre les nouvelles de son pays et les entraînements entre deux biberons, elle a su puiser dans chaque expérience une source de motivation. Aujourd'hui, elle incarne un modèle de détermination et un symbole d'espoir pour l'Ukraine, portée par l'affection de ses compatriotes et de nombreux supporters autour du globe.
Face à elle en demi-finale, la n° 1 mondiale, Aryna Sabalenka, se dressera comme un obstacle de taille. Mais Svitolina n'entend pas s'arrêter là. Sa route vers une première finale en Grand Chelem est ouverte, portée par une histoire qui dépasse les simples lignes du sport.