Alexander De Croo ranime les troupes libérales en chargeant les nationalistes, les communistes et ceux qui défendent l'emploi public
Le Premier ministre a tiré à boulets rouges sur ses futurs adversaires de campagne lors d'un congrès de l'Open VLD à t Kuipke, un vélodrome couvert à Gand.
- Publié le 14-05-2023 à 14h26

C'est sur un sample de Stronger, l'hymne à la réussite de Kanye West, qu'Alexander De Croo est monté sur scène ce dimanche à Gand. Sans cravates, les manches de sa chemise blanche retroussées jusqu'aux coudes, comme le travailleur qui s'apprête à plonger les mains dans le cambouis, le libéral avait davantage l'air d'un candidat en campagne que d'un Premier ministre coincé dans son costume protocolaire.
Pour ce troisième jour de congrès de l'Open VLD, l'homme fort des Vlaams Liberalen respectait tous les codes du message qu'il voulait incarner : il faut tuer la morosité et le pessimisme si l'on veut vivre dans un pays "fort et libre".
Après avoir souligné la bravoure des Ukrainiens dans leur combat contre l'agression russe, le chef du gouvernement fédéral a appelé ceux qui l'écoutent à faire preuve du même courage pour affronter les différentes crises et les conflits de demain.
Haro sur le séparatisme
Pour les libéraux démocrates, cela passe par un positionnement franc pour "ne pas se laisser écarter par les extrémistes, les communistes et les nationalistes". Cela implique également de tirer un trait sur la négativité et les lamentations.
"J'en ai assez que la rue de la Loi soit remplie de politiciens qui veulent marquer des points par leur pessimisme et leur morosité, et faire sombrer notre pays dans le marasme", a déclaré Alexander De Croo dans la grande salle du complexe sportif 't Kuipke, chargeant la N-VA qui remet le confédéralisme sur l'agenda politique. "Après le Brexit, le Vlexit. Ce sera, à n'en pas douter, un nouveau succès grandiose", a-t-il ironisé avant de recharger son arme à punchline.
"Un pays divisé ne sera jamais un pays fort. Je le dis encore plus clairement : un homme politique qui ne croit pas en notre pays ne l'améliorera pas non plus. Derrière l'appel à une nouvelle grande réforme de l'État, il n'y a qu'une seule stratégie et une seule intention : paralyser à nouveau notre pays pendant 500 jours et plus. C'est la stratégie du pourrissement et de la stagnation. Celle du blocage politique et de la contemplation de son propre nombril. Alors que c'est exactement le contraire qu'il nous faut."
Ce discours musclé contre les nationalistes intervient alors que l'on parle plus que jamais d'un rapprochement entre le PS et la N-VA. Samedi, le président de la N-VA Bart De Wever a en effet appelé à mettre en place rapidement un "mini-cabinet" avec le PS après les prochaines élections législatives de 2024 pour éviter un nouvel enlisement dans des négociations sans fin.
Mort au négativisme
Mais toutes ses balles n'étaient pas uniquement adressées aux séparatistes flamands. Certaines visaient directement les partenaires de gouvernement, ces "socialistes", qui, rangés dans la même case que les "communistes", "ne voient qu'une seule solution à tous les problèmes : l'État".
Ceux-là, "il faut oser les remettre à leur place" car ils veulent "bloquer notre économie".
Le chef de la Vivaldi a alors tiré sur ceux qui défendent les "emplois publics subventionnés au lieu de faire confiance à nos travailleurs indépendants". On pense bien sûr au PS, mais également aux syndicats ou encore Ecolo qui aime largement subventionner l'associatif. Pour le Premier ministre, il n'est pas nécessaire de créer davantage d'emplois publics, il faut simplement mettre davantage de gens au travail.
Comme Paul Magnette, la nouvelle Némésis d'Alexander De Croo, le soulignait le 1er mai, l'emploi sera véritablement un thème central de la campagne électorale. Campagne qui semble avoir déjà bien commencé.
