Stéphane Pauwels est l'invité du Grand Entretien de La DH: "Je suis beauf mais la vraie vie, c'est celle-là"
Stephane Pauwels lance La route tourne sur LN24. L'occasion de soumettre à notre tour l'animateur vedette au jeu des confessions.

- Publié le 25-04-2026 à 10h04
- Mis à jour le 29-04-2026 à 09h56

La roue tourne. C'est le nom de la nouvelle émission de Stéphane Pauwels sur LN24.
Et la sienne, a-t-elle tourné après sa condamnation voici cinq ans à 30 mois de prison ?
Questions sans filtre à l'animateur qui fait son grand retour en télé cette année.
La roue tourne pour vos invités mais vous, estimez-vous être remonté après avoir touché le fond ?
J'étais devant cette roue avec mon ami et producteur Ahmed Soula et je lui ai dit que ce qui me manquait le plus, c'était pas de faire de la télé mais d'aller chercher l'humain dans des entretiens. Y a des choses que je fais moins bien en télé, d'autres mieux. Et les entretiens, c'est un truc que j'aime profondément. Ça me renvoie à mon histoire : à un moment, tu peux être au fond du trou mais l'être humain a une capacité incroyable à toujours se relever. La vie est un éternel recommencement et rien n'est acquis. Tout peut basculer très vite, j'en suis la preuve vivante et ça, je l'ai bien compris. Y a un an, je tentais de vendre de la clim et puis j'ai demandé l'aide du CPAS mais on m'a rejeté. Quand on est indépendant depuis des années, on a droit à zéro euro. Je n'avais plus un balle. La roue tourne oui, doucement.

Qui est venu vous chercher pour ce retour en télé ?
Benjamin Deceuninck. Son papa est décédé y a un an et je suis allé aux funérailles. Il était surpris parce que lors de mon départ de la RTBF pour RTL où on me proposait la Champion's League et à l'époque, ils étaient un peu fâchés en face. Mais Benjamin a été fort touché par ma présence à ces funérailles et m'a proposé de participer aux 20 ans de la Tribune mais pas en plateau. Et puis cela s'est enchaîné avec la proposition de mon ami de toujours, Thibaut Roland pour LN24.
Cette roue, elle est devant le palais de justice. Tout un symbole pour votre histoire personnelle aussi…
Ainsi je vois Monsieur Moinil et je peux lui faire signe (rires).
Julien Moinil, désormais procureur du roi de Bruxelles, représentait le ministère public à votre procès et avait requis quatre ans de prison à votre encontre. Vous lui en voulez ?
Il fait très bien son boulot mais il a petit côté cowboy et le procès avec moi lui a aussi offert une belle visibilité dans les médias à l'époque où il n'était encore que magistrat au parquet fédéral. Julien Moinil est brillant et courageux mais il aime aussi le show. Mais bon, ce n'est pas le seul. Mais je n'ai aucune haine ou colère envers lui.

Vous recevez encore beaucoup de critiques sur les réseaux sociaux en donnant vos avis sur des sujets de société. Ça vous fait quoi ?
Les gens disent : 'Ah tu n'es pas en prison ?' Certains demandent où est mon bracelet électronique, etc. Je peux pas laisser dire n'importe quoi alors je réagis. Il y a de la haine mais il y a aussi beaucoup d'amour mais les gens bienveillants l'expriment moins sur les réseaux sociaux. Et ceux qui critiquent ne connaissent pas mon histoire.
C'est quoi votre histoire ?
Mon histoire c'est de tomber sur une sale nana qui veut se venger de son ex et naïvement, je laisse faire sans m'en rendre compte et je me fais piéger.
J'étais à votre procès, vous y avez été condamné à 30 mois de prison et cinq mois de sursis. Estimez-vous avoir payé votre dette ?
Oui mais surtout je l'ai payée très cher ! Pour deux SMS envoyés avec mon téléphone, c'est cher payé ! Ils ont fait de moi un exemple parce que j'étais une personne médiatique. Mais je n'ai pas voulu faire appel de la décision parce que je voulais tourner cette page. Mon papa avait chopé le cancer, ma maman était malade et est décédée depuis. Ma grande fille n'en pouvait plus. À un moment, tu dis stop. Mon avocat, Sven Mary, était convaincu que je m'en sortirais avec un non-lieu en appel mais je n'avais plus l'énergie de me battre.
Mais vous n'avez pas fait de prison pour finir…
Non mais croyez-moi que si j'étais réellement plus impliqué que cela dans cette affaire, ils n'auraient pas hésité à me mettre en prison ! J'avais une certaine justice contre moi, une certaine presse et la franc-maçonnerie mais je n'en dirai pas plus. Je me tairai là-dessus. Je savais que j'allais morfler. La page est tournée pour moi.
Vous contestiez votre implication dans ce home invasion au procès mais vous avez, par contre, assumé à la barre lors de votre témoignage, avoir détenu et consommé de la cocaïne.
Bien sûr ! J'ai découvert la drogue à 47 ans parce qu'à ce moment-là, suite à ma rupture douloureuse avec Caroline Fontenoy, je me suis retrouvé mal, à fréquenter de mauvaises personnes qui étaient plongées dedans. Et j'en ai effectivement consommé en mode festif à un moment de ma vie où je n'étais pas bien du tout. Cela ne faisait pas de moi un drogué. Dans cette affaire judiciaire, j'ai dû subir des prises de sang tous les 15 jours et elles prouvaient bien que je n'étais pas un consommateur régulier. Cette affaire de drogue, ça a été quatre mois de ma vie et c'est tout. Quatre mois où j'étais perdu et ma vie a été foutue en l'air à cause de ça. Je regrette toute cette période mais c'est un coup classique dans de nombreuses vies : une déception amoureuse et une fragilité qui s'installe pendant un moment. Et j'ai bien compris aujourd'hui qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné.

Et vous avez revu ces gens ?
Plus jamais et j'ai même développé une psychose de Bruxelles ! Je ne veux plus aller nulle part. Je fais Mouscron-Bruxelles en train pour venir en télé et je rentre chez moi. Je n'accepte plus aucune soirée, plus aucun repas, etc. J'ai peur de Bruxelles parce que ça représente la mauvaise période pour moi. J'ai besoin de mon cocon à Mouscron. C'est là que je me suis réfugié quand j'étais au plus bas, chez les miens. Et je ne quitterai plus jamais mon repère. On ne m'a jamais jugé à Mouscron. Et on m'a toujours remis à ma place quand il fallait. Les gens là-bas, ils sont authentiques.
Au niveau médiatique, vous avez perdu tout le monde ?
Je n'avais pas d'amis dans ce milieu, à part Thibaut Roland. Quand tu es au fond du trou, tu es seul. Y en a qui reviennent maintenant. J'ai aussi eu des messages de soutien où j'étais surpris. Comme Julie Taton par exemple, je ne m'y attendais pas à l'époque. Pareil pour Zecca ou Marc Delire. C'était courageux de leur part.
Et de Caroline Fontenoy ?
Non mais c'est normal, elle a refait sa vie. Elle a dit une fois dans une interview qu'elle n'avait plus de nouvelles de moi et que je ne l'avais pas appelée quand elle était enceinte. Oui, enfin, l'objectif c'était de faire un enfant avec elle donc forcément, je n'allais pas la contacter (sourire). Mais je lui souhaite tellement de bonheur. Elle est heureuse, a un chouette mari et de beaux enfants.
C'est quoi votre bonheur aujourd'hui ?
Mes filles. Ma grande et la petite. Et les deux mamans des filles sont mes amies. Mais niveau amoureux, je ne suis nulle part et je suis très heureux ainsi. Seul, je peux dormir autant que je veux le week-end, je suis libre. Ma priorité ce n'est plus l'amour ou le travail, ma priorité c'est mon bien-être et il passe par des moments tranquilles sur mon canapé. Mon bonheur aujourd'hui, c'est de dormir. Je récupère de toutes ces années intenses.
On va vous voir plus souvent dans les médias français ?
Ils ont toujours été corrects avec moi en France et j'ai toujours été fidèle au groupe M6 et RTL France. Mais j'avoue que je n'y retourne pas souvent par fainéantise parce que je suis bien sur mon canapé devant Wout van Aert (rires). Je vais y faire quelques dates pendant la coupe du monde, à côté de mon émission spéciale foot à cette occasion sur LN24.
Vous débattez sur beaucoup de sujets politiques désormais sur LN24. Les politiques vous soutiennent ?
Oui, tous ! Je n'ai aucun problème à faire la bise à Magnette, Bouchez, Hedebouw ou Prévot. J'assume à partir du moment où j'ai toujours refusé de faire de la politique et mon père en a fait pourtant. Le seul poste qui me plairait un jour, peu importe le parti parce que ce qui compte pour moi, c'est l'action concrète pas juste ventiler, ce serait celui de ministre des Sports. Mais on ne me le proposera jamais ! (rires)
Ce que vous n'avez jamais dit que vous avez envie de confier au sommet de cette grande roue ?
Je n'aurais jamais dû quitter la maman de ma fille aînée qui est devenue ma meilleure amie. Elle m'a toujours dit que je n'étais pas préparé pour une telle notoriété à l'époque. Le matin, j'avais Aznavour, le lendemain, j'étais sur TF1. C'était trop. Je n'ai jamais eu le gros coup mais parfois je ne touchais plus le sol. Emilie me disait tout le temps : 'Reviens chez les tiens'. Elle n'aimait pas ce monde médiatique et je n'aurais jamais eu d'emmerdes. Et si j'étais resté à Mouscron, jamais je n'aurais rencontré ces mauvaises fréquentations de Bruxelles et celle sale bonne femme qui m'a fait plonger là-dedans.
Qu'est-ce qui vous manque aujourd'hui ?
Rien ! Je suis heureux ainsi sur LN24. Je rêve par contre de faire de la radio. Je suis un passionné de radio. Parler avec les gens en radio, cette proximité avec le peuple en radio sur une tranche de midi, ce serait l'idéal pour moi. Ecouter les histoires du quotidien des gens. On peut dire que je suis un beauf mais la vraie vie, c'est celle-là !

Vous avez eu votre revanche médiatique ?
Je rappelle que l'ancien patron de RTL avait dit que plus jamais je ne mettrais un pied en TV. Les Français ne m'ont jamais laissé tomber mais en Belgique, cela a duré presque dix ans. On ne peut quand même pas condamner les gens à vie et j'estime avoir été assez puni. Et surtout, en télé, je n'avais rien fait de mal. J'ai eu des problèmes personnels mais en aucun cas, cela n'était lié à mon travail en télé. Là, j'ai gagné au tribunal pour licenciement abusif et ils me doivent 20.000 euros mais ils ont décidé de faire appel. Je trouve cela moche de ne pas tourner vouloir tourner cette page. Le soleil brille pour tout le monde.