Résidences secondaires: 1,15 million de Belges sont multipropriétaires
Les investissements se font en grande majorité en Belgique et pas uniquement en Ardennes et à la Côte.
- Publié le 27-06-2024 à 06h38

Le marché de la résidence secondaire a connu une forte croissance durant les années marquées par la crise du covid, entre 2020 et 2022. En 2023 et face à une hausse rapide des taux d'intérêt, le marché de la seconde résidence s'est replié, à l'instar du marché des crédits hypothécaires dans son ensemble. BNP Paribas Fortis a enregistré une baisse des transactions de l'ordre de 36 % l'an dernier. Et, pour la première fois en cinq ans, le montant moyen emprunté pour l'achat d'une résidence secondaire a diminué pour atteindre les 219 700 euros (contre 236 700 euros en 2022).
Malgré cette tendance baissière, un crédit immobilier sur quatre octroyé par BNP Paribas Fortis sert à financer l'achat d'une résidence secondaire. Avec pour conséquence que le nombre de multipropriétaires belges n'a jamais atteint un tel sommet : 1,15 million2 soit 10 % de la population. Un nombre qui croît année après année : plus 7 % par rapport à 2022 et même plus 16 % par rapport à 2019.
Quand on évoque les résidences secondaires, on songe immédiatement aux destinations ensoleillées telles que l'Espagne, où de nombreux Belges possèdent une résidence secondaire. Pourtant, c'est en Belgique que la majorité des acquisitions se font. En 2023, 93 % des multipropriétaires belges ont jeté leur dévolu sur la Belgique pour l'achat d'une résidence secondaire. Ce chiffre, stable par rapport à 2022, s'explique principalement par la proximité. L'investissement belgo-belge offre en effet un triple avantage : une jouissance plus régulière du bien, une plus grande simplicité dans la gestion locative ainsi qu'une plus grande facilité d'obtention d'une hypothèque auprès de son banquier habituel.
Au total, pas moins de 931 000 Belges disposent d'au moins une résidence secondaire en Belgique (+ 7 % par rapport à 2022). En 2023, la Flandre (54 %) a attiré davantage de transactions pour l'achat d'un second bien que la Wallonie (31 %) et Bruxelles (15 %). De même, la plupart des crédits octroyés sont destinés à l'achat d'une maison (68 %), loin devant l'appartement (28 %).
Autre enseignement principal : deux tiers des résidences secondaires (66 %) situées en Belgique et financées par BNP Paribas Fortis ont pour objectif de dégager des revenus locatifs. Un pourcentage qui est en hausse constante ces dernières années : 56 % en 2019, 60 % en 2020, 62 % en 2021 et 65 % en 2022. Preuve que la brique est de plus en plus une valeur refuge pour les investisseurs en quête de rendement. C'est aussi un moyen d'augmenter son pouvoir d'achat, surtout à l'âge de la retraite.
Cette tendance qui veut qu'une majorité d'emprunteurs sont des investisseurs, est encore amplifiée dans les grandes villes universitaires. À Liège, 67 % des résidences secondaires financées sont à destination locative. Côté néerlandophone, on atteint les 68 % à Gand et 71 % à Louvain. Mais le sommet du classement est occupé par Bruxelles avec 77 % et Mons, où 81 % des résidences secondaires financées sont destinées à la location. Louvain-la-Neuve est la seule exception avec un pourcentage de 62 %, juste en-dessous de la moyenne.
Les Ardennes drainent également une large part des financements de résidences secondaires à destination locative (61 %). Si le nombre de dossiers concernant les biens secondaires en Ardennes suit la tendance baissière (-37 % par rapport à 2022), la région abrite 4,5 % des résidences secondaires achetées en Belgique via BNP Paribas Fortis en 2023. Bastogne (10 %), Verviers (9 %) et Spa (4,5 %) sont les communes les plus prisées.
Sans surprise, la Côte belge est aussi très prisée des multipropriétaires. Si la demande avait fortement chuté en 2022 (-42 %), 7 % des résidences secondaires ont été achetées au littoral. Parmi celles-ci, Ostende (18 %), Knokke (7 %) et Bruges (6 %) sont les stations les plus prisées.
"À moins de disposer de ressources propres suffisantes, le financement d'une seconde résidence par notre clientèle se fait habituellement via un prêt hypothécaire ou une reprise d'encours auprès de leur banque en Belgique, précise Marc Delforge, responsable crédits chez BNP Paribas Fortis. Une décision logique qui leur permet souvent de bénéficier d'une réduction d'impôt. Et lorsqu'elle se tourne vers une résidence secondaire à l'étranger, notre clientèle peut contracter une hypothèque sur leur habitation en Belgique tout comme il est envisageable de souscrire – sous certaines conditions- à un crédit bullet. NdlR : une formule de crédit qui permet de ne payer que les intérêts durant la durée du crédit et de rembourser le capital à échéance."

