Pourquoi le télétravail favorise l'investissement… à l'étranger!
Plus de 220.000 Belges possèdent une résidence secondaire en dehors de nos frontières.
- Publié le 27-06-2024 à 07h26

Si la Belgique a la cote en matière d'acquisition de résidence secondaire, les Belges se tournent également vers l'étranger. Selon les chiffres communiqués par BNP Paribas Fortis, en date du 11 juin dernier, on totalisait 221 679 Belges propriétaires d'une résidence secondaire à l'étranger, soit 10 % de plus par rapport à juin 2023. "Un phénomène qui semble s'expliquer par l'arrivée d'une nouvelle génération. En effet, depuis la pandémie, le marché des résidences secondaires a été marqué par un rajeunissement significatif des acquéreurs. Si les plus de 60 ans continuent de détenir la majorité du parc, une nouvelle population plus jeune commence aussi à s'y intéresser. En cause ? Les changements de mode de vie, et notamment le développement du télétravail. Ainsi, les trentenaires et quarantenaires investissent de plus en plus ce marché longtemps occupé par des personnes plus âgées. Une tendance confirmée en 2023 puisque les moins de 40 ans représentent un acheteur sur 7 et les moins de 45 ans pèsent 30 % dans les transactions en Espagne l'an dernier (contre 20 % en 2022)", indique BNP Paribas Fortis.
Avec son climat doux et agréable toute l'année, son ensoleillement qui s'élève à plus de 310 jours par an environ, ses kilomètres de plages, sa relative proximité avec la Belgique et son immobilier plutôt bon marché, la péninsule ibérique reste la destination privilégiée par les Belges à l'étranger (41 %). La France talonne cependant l'Espagne, avec 37 % des transactions, loin devant l'Italie qui a totalisé 8 % des transactions réalisées l'an dernier. En compatibilisant l'ensemble des propriétés détenues par des Belges à l'étranger, les contribuables Belges détiennent 85.440 propriétés en France, soit 26,95 % des propriétés à l'étranger. L'Espagne reste en deuxième position, avec 79.324 propriétés dans les mains de belges (25,02 %). Avec 46.588 propriétés détenues par des Belges (14,69 %), l'Italie complète le podium.
On observe cependant une différence notoire entre la finalité de l'acquisition en Belgique et à l'étranger. Hors de nos frontières, l'investissement est avant tout récréatif. Seuls 14 % des biens à l'étranger ont pour but de générer des revenus locatifs (chiffre stable par rapport à 2022). Si l'on se focalise uniquement sur la finalité locative, la France chipe d'ailleurs la première place à l'Espagne.
"La France offre quelques avantages aux acheteurs belges au moment de l'achat ou de la transmission du bien, explique Thierry Badot, lending manager chez BNP Paribas Fortis. Les frais de notaire, les taxes équivalant aux droits d'enregistrement et la TVA sur les biens neufs sont par exemple moins élevés qu'en Belgique. En contrepartie, depuis le 1er janvier 2023 et la loi 'climat et résilience', les propriétaires bailleurs de passoires thermiques (labels G et F) ne peuvent plus augmenter le loyer de leur logement. Et, à compter de 2025, Il sera interdit de mettre en location les logements affichant un diagnostic de performance énergétique (DPE) G, puis F en 2028 et enfin E en 2034."
Pour financer son acquisition à l'étranger, le Belge a emprunté en moyenne 197 600 €, soit nettement moins qu'en 2022 (265 700 €). La France étant nettement plus chère que l'Espagne, le montant emprunté pour acheter dans l'Hexagone y est logiquement plus élevé : 315.000 euros contre 222.000 euros. Et sur ce marché de l'achat à but locatif, ce sont les Pays-Bas qui complètent le podium avec 178.000 euros empruntés.
Pour s'offrir une résidence secondaire destinée à l'usage récréatif, il semble aussi que les Belges consacrent davantage de fonds propres puisqu'ils ont emprunté des sommes nettement moins importantes : 162 000 euros pour un bien en France, 133 000 euros pour l'Italie et 132 000 euros pour l'Espagne.
Enfin, on remarquera que le changement climatique a finalement peu d'impact sur le choix des destinations pour l'acquisition d'une résidence secondaire. Espagne, France, Italie, Grèce et le pourtour méditerranéen sont les lieux les plus prisés par les Belges en quête d'une seconde résidence. Pourtant, ce sont aussi les zones où les sécheresses, les canicules, l'érosion côtière, les feux de forêt et les inondations se répètent plus fréquemment ces dernières années.
"En prenant en compte les données entre 2019 et 2023, force est de constater que certaines régions moins exposées aux phénomènes climatiques extrêmes semblent tirer leur épingle du jeu, comme la région du Grand Est en France par exemple, mais cela reste marginal. Au vu des chiffres, les préoccupations climatiques ne font pas (encore ?) partie des critères de sélection. En témoignent la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui a par exemple drainé 25 % des demandes de crédits pour la France en 2023 (contre 22 % en 2019), ou encore l'Andalousie et la région de la Communauté valencienne, qui ont respectivement représenté une demande sur 4 (contre 17 % en 2019) et une demande sur 2 (chiffre identique à 2019) pour l'Espagne en 2023."

