Streaming et vinyles : le marché de la musique se porte bien en Belgique
La Belgian Recorded Music Association a dévoilé les chiffres pour 2023. Ils confirment les tendances des années précédentes. Mais attention aux idées reçues, notamment concernant le CD.

- Publié le 21-03-2024 à 12h27

La musique se porte bien en Belgique, merci pour elle. Disons plutôt que l'industrie de la musique a le moral, ce qui ne veut pas dire que tout est rose pour les artistes, bien entendu. C'est le bilan 2023 fourni par la Belgian Recorded Music Association qui le dit : l'an dernier les ventes de musique ont augmenté de 11 % chez nous. Soit un chiffre d'affaires de 118 millions d'euros. La courbe est en croissance permanente depuis au moins 2018.
Sans surprise, c'est la musique dématérialisée qui domine largement le marché. En 2023, 87,4 % de ce qui a été écouté en Belgique l'a été en version numérique. Et dans cette catégorie, il ne faut pas être devin, c'est le streaming qui tient le haut du pavé, le téléchargement ne représentant que la marge. Son chiffre d'affaires s'élève à un peu plus de 100 millions d'euros. C'est la première fois que ce cap symbolique est franchi chez nous. Notez qu'en 2018, il ne pesait pas la moitié. À peine 40 millions.
Le vinyle continue de gagner du terrain
Autant dire que la place laissée aux supports physiques est réduite à portion congrue. CD, vinyles et cassettes ne représentent plus que 12,6 % de ce qui se vend en Belgique. La BRMA constate que la chute de ce marché s'est stabilisée l'an dernier. C'est vrai, mais il faut rappeler qu'en 2021, il y avait eu un rebond et celui-ci ne s'est jamais confirmé. Ni en 2022, ni en 2023.
Enfin, la Belgian Recorded Music Association indique qu'en matière de support physique, la micro progression enregistrée entre 2022 et 2023 est le fait du vinyle. Oui, en chiffre d'affaires, c'est-à-dire en argent généré. Ils ont rapporté près de 9 millions d'euros, soit 12 % de plus que l'an dernier. Les CD, eux, peinent à atteindre les 5 millions alors qu'en 2018, ils représentaient encore plus de 20 millions d'euros contre 5 millions pour les vinyles.
Le CD n'a pas dit son dernier mot mais…
Qu'on ne s'y méprenne cependant pas. Un chiffre d'affaires bien plus élevé ne signifie pas forcément qu'il se vend deux fois plus de vinyles que de CD.
Fin décembre dernier, Le Parisien notait que le CD dominait encore le vinyle: "Universal et Warner (deux des trois grandes majors du disque, NdlR) vendent toujours plus de CD à Noël." Le directeur du pôle commercial de Warner précisait : "Le CD a encore de l'avenir, car il reste moins cher que le 33 tours". Comptez de 15 à 18 euros pour le premier, souvent plus de 25 euros pour le second. Mais il ajoutait aussi : "Tant qu'il y a du matériel pour l'écouter (le CD, NdlR)". Parce que oui, les platines CD deviennent rares, tout comme les ordinateurs encore équipés de lecteurs CD et/ou DVD.
La tendance n'est cependant pas à l'avantage du CD. En 2022, aux États-Unis, le plus grand marché de la musique au monde, pour la première fois depuis des lustres, il s'était vendu plus d'exemplaires vinyles que de CD. 41 millions d'exemplaires contre 33 millions. Quand on sait que c'est ce marché qui dicte sa loi…