Info, éco, sports et culture, l'ADN de LN24: "On ne va pas faire de la figuration"
Née en 2019, tombée dans le giron d'IPM, la chaîne d'info mise sur un projet connecté aux titres du groupe parmi lesquels La DH. Explications avec ses directeurs, Emmanuel Tourpe et Jean-Marc Ghéraille.
- Publié le 16-09-2023 à 13h12
- Mis à jour le 16-09-2023 à 13h14

L'un (avec les bretelles) était déjà directeur général de LN24. L'autre (en pantalon rayé) vient d'être nommé directeur d'antenne après avoir dirigé pendant huit ans la rédaction de La DH-Les Sports. Emmanuel Tourpe et Jean-Marc Ghéraille viennent d'horizons différents et comptent conjuguer leurs talents pour réussir le lancement d'une fusée inédite dans l'industrie des médias francophones. "Ce que je ne sais pas faire, Jean-Marc sait le faire, commente Tourpe, philosophe de formation passé par la RTBF et Arte. Il a la capacité de diriger une rédaction alors que je suis plus dans la stratégie, mais ce qui nous rassemble, c'est la passion des publics."
Ensemble, ils portent à bout de bras le défi du groupe IPM. "LN24, ce sera l'information produite et livrée par la plus grande rédaction de Belgique", avance Tourpe qui rappelle les connexions déjà activées entre les titres et les médias du groupe – LN Radio, La Libre Belgique, La DH, L'Avenir, Moustique, Paris Match, et leurs sites respectifs. "En un an, on a doublé l'audience de la chaîne, et on a multiplié par dix les audiences digitales, l'avenir consiste pour nous à faire exactement la même chose", résume le directeur général avec un sourire rassurant mais conquérant. "On va avoir recours aux compétences des rédactions print et Web, poursuit Ghéraille, mais ça ne va pas être le grand cabaret de l'information. Tout est pensé et structuré."
Les idées du duo se traduisent, en cette rentrée, par une grille de fin d'après-midi dont l'ambition est de décliner l'info sous toutes ses formes en plus de l'offre documentaires de société, devenue spécialité de la chaîne. "L'info qui vous concerne d'abord, commente Jean-Marc Ghéraille. C'est l'info autour de la vie quotidienne avec Il faut qu'on parle présenté par Julien Bal à 17 h en coproduction avec La DH. L'info avant tout le monde avec Premiers sur l'info présenté par Nicolas Pipyn à 18 h (lire encadré). L'info qui dérange à 20 h avec Pascal Vrebos qui débarque avec son équipe le 25 septembre, un projet innovant dans lequel on pose des questions avec une totale liberté de ton. Enfin, l'info qui va plus loin à 21 h avec Jim Nejman dans Les visiteurs du soir où on parle d'actualité internationale de manière plus analytique et où on termine avec un invité."
"Il y a de gros chantiers et on ne va pas faire de la figuration"
Incarnation d'une ligne éditoriale qui a fait ses preuves – limpide, forte, populaire et de proximité –, Jean-Marc Ghéraille (remplacé à la tête de La DH par Alexis Carantonis) poursuit un itinéraire professionnel dont il considère cette nouvelle étape comme "une suite logique". C'est lui qui donnera l'impulsion et la couleur à une chaîne encore jeune qui devra absolument profiter et s'amarrer à une année gorgée d'événements pour imposer une identité propre et pas seulement calquée sur les réussites de La DH. "LN24 ne va pas devenir DH TV, aucune crainte là-dessus – même si la dimension populaire et les questions de vie quotidienne sont déjà présentes sur la chaîne, explique-t-il. Mais l'idée, c'est vrai, est de faire atterrir du sport sur la chaîne avec un concept qui répondra aux attentes du public intéressé par le sport. L'année prochaine sera marquée, dans le calendrier, par l'Euro de foot, par Remco Evenepoel au Tour de France et puis, c'est une année olympique. Sans compter qu'au niveau politique, c'est une année d'élections chez nous et une année d'élections aux États-Unis." Et Tourpe de paraphraser sur le ton de celui qui prévient et alerte : "Il y a de gros chantiers et on ne va pas faire de la figuration".
Pour répondre à la critique de ceux qui pointent son manque d'expérience en télé, Ghéraille souligne qu'il est "journaliste dans l'âme" et que la proposition du groupe était suffisamment "réoxygénante et flatteuse" pour ne pas la refuser. "Je n'ai pas le CV rêvé, dit-il, je ne viens pas de TF1, je ne suis pas passé par de grandes chaînes, mais je sais comment parler à une caméra et je sais ce qu'est un montage. Il y a encore des choses que je dois apprendre et à 56 ans, j'ai encore envie d'apprendre. Quant à la critique, il n'y a qu'en travaillant avec les gens qu'on peut les convaincre. Mais pour harmoniser le projet, je pense pouvoir être le liant pour créer un climat de confiance."
Si avec ses programmes axés sur l'argent, l'immobilier, la réussite, la chaîne continue à entretenir des liens privilégiés avec le monde de l'entrepreneuriat, amorcés par les deux fondateurs Martin Buxant et Joan Condijts désormais hors jeu, la culture reste un terrain à explorer dans toute sa longueur. "La culture n'est pas un genre, elle fait partie de l'ADN d'une chaîne d'info, répond Tourpe. Je ne l'isole pas dans un ghetto, il y en aura à 17 h, à 18 h, à 20 h, à 21 h. Elle sera présente dans un projet de magazine musique produit en collaboration avec Moustique. Un projet qui prend forme et qu'on verra bientôt…"
Sérieux et sourire, la marque de "Premiers sur l'info"
Deuxième saison pour Premiers sur l'info, programme phare dans la grille de LN24, incarné par Nicolas Pipyn soutenu désormais par un staff de journalistes détachés sur le terrain. Produit hybride entre journal et magazine, Premiers sur l'info a l'ambition d'asseoir sa position sur un créneau – 18 h – peu visité par les JT. "L'idée est d'offrir un journal différent, avec des angles différents et de ne pas être tributaire du 19 h de RTL ni du 19h30 de la RTBF, explique Pypin. Le journal est rythmé par des chroniques réalisées en synergie avec les titres du groupe – chroniques politiques et cinéma par des journalistes de La Libre, chroniques de sports par des journalistes de La DH."
Sérieux et sourire sont la marque de cet objet d'info qui expérimente des tonalités plus cool. "J'ai un ton très journal au début, mais après, sur certaines séquences, je me permets un ton plus décalé assez bien résumé dans la présentation de la météo de Farid qui ne fait pas la météo comme tout le monde."
Nicolas Pipyn a la lourde tâche de transformer les bons scores de la saison dernière en rendez-vous incontournable, et décrit son état d'esprit du moment : "Je suis totalement dans ce que j'ai envie d'être" .
