Coups et blessures, vols avec violence, vols à mains armées, violences sexuelles, etc. : voici le bilan 2023 de la criminalité à Ottignies-LLN
Le chef de corps de la police locale, Maurice Levêque, et la bourgmestre, Julie Chantry, ont présenté le bilan 2023 du plan zonal de sécurité d'Ottignies-Louvain-la-Neuve.
- Publié le 01-07-2024 à 16h10

Le chef de corps de la police locale, Maurice Levêque, et la bourgmestre, Julie Chantry, ont présenté le bilan 2023 du plan zonal de sécurité d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. "Quasiment tous les indicateurs sont à la baisse. Il faut saluer l'excellent travail du chef de corps et des policiers de la zone, commente la bourgmestre. Il y a toutefois des augmentations, notamment au niveau des violences sexuelles. Est-ce inquiétant ou est-ce dû au fait que de plus en plus, et c'est une très bonne chose, on vient déposer plainte ? On encourage en tout cas les victimes à porter plainte pour que la police ait connaissance de ces faits."
Maurice Levêque signale qu'il y a en effet un chiffre noir, "pas mal de faits passant sous notre radar car il n'y a pas de dépôt de plainte".
Violences sexuelles
Il y a eu 44 faits de violence sexuelle (viol, attentat à la pudeur, exhibitionnisme, voyeurisme) dénoncés à la police l'an dernier, soit plus qu'en 2022 (41) et en 2021 (32).
Julie Chantry rappelle qu'un centre de prise en charge des violences sexuelles, un projet venant du fédéral, devrait voir le jour à Ottignies-Louvain-la-Neuve. Les agents de police sont déjà formés pour ce CPVS, indique le chef de corps.
Violences intrafamiliales
Il y a eu 95 faits en 2023 contre 97 en 2022 ou 113 en 2013. "Il y a une stagnation. C'est un sujet sensible où les victimes ont souvent peur de porter plainte", souligne Maurice Levêque.
Un groupe de travail avec la Ville a été mis en place et cela a débouché sur la sortie d'un folder, en format de poche, "Victime ou témoin de violence : où trouver de l'aide ?".
Criminalité dans l'espace public
En 2023, il y a eu 120 coups et blessures volontaires, 24 vols avec violence et 5 vols à mains armées, les chiffres les plus bas de ces dernières années (il n'y a qu'en 2020, année Covid, où il y a eu moins de coups et blessures volontaires, avec 90 faits constatés).
"La tendance globale est à un certain apaisement. Les agressions ont surtout lieu la nuit, sur la dalle de Louvain-la-Neuve. Le terreau y est fertile : beaucoup d'animations et souvent alcoolisées. Mais nous ne sommes pas à Chicago. Et il n'y a plus de bandes de Bruxelles ou Charleroi, comme on en a connu il y a quelques années."
Nuisances sonores
En 2023, il y a eu 1053 appels pour tapage dont 721 rien que sur Louvain-la-Neuve. C'est à nouveau Louvain-la-Nuit. C'est toutefois moins qu'en 2020 (1501 appels), année Covid, où les gens appelaient rapidement la police, mais globalement la tendance est à la hausse. "Les gens sont peut-être moins tolérants à ce sujet qu'avant", avance la bourgmestre.
Sur l'ensemble des appels, 2,91 % concernent les surfaces d'animation étudiante. "On y a beaucoup travaillé, avec notamment des réglementations obligeant à fermer à 3 h du matin, relève le chef de corps. L'UCLouvain a investi dans le gardiennage ou encore des portes anti-bruit. Cela a été payant et les tapages liés à ces surfaces deviennent marginaux."
8,32 % des appels pour des tapages sont liés aux établissements horeca, surtout sur la dalle. "C'est en augmentation ces dernières années, les établissements mettant en place des concepts pour attirer les clients", souligne la bourgmestre.
22,88 % des appels concernent du tapage sur la voie publique et 65,88 % dans les immeubles.
Sécurité routière
Après la pause Covid, les chiffres au niveau des accidents repartent à la hausse. En 2023, il y a eu 63 accidents avec lésions corporelles et 422 avec dégât matériel contre 55 et 356 en 2022. Mais le commissaire Levêque préfère regarder les tendances générales, de petits facteurs pouvant influencer fortement les chiffres d'une année à l'autre. Et "globalement, sur 10 ans, on constate une tendance à la baisse des accidents avec lésions corporelles (il y en avait eu 84 en 2013) . Sur nos quelques grands axes, nous avons placé des radars. Les gens s'en plaignent peut-être, mais cela fait diminuer la vitesse."
En 2023, deux accidents mortels se sont produits dans la commune.
Les points noirs sont connus : la N 238 – "nous avons signalé à la Région qu'il y avait un problème au niveau du revêtement et nous avons placé des radars" – la N 4 et l'avenue des Combattants. Les parkings (Douaire, clinique, malins) sont les endroits les plus à risque pour les accidents avec dégât matériel.
Au niveau des radars, en 2023, 3 444 753 véhicules ont été contrôlés et 18 325 étaient en infraction, soit 0,53 %. "On ne flashe donc pas pour faire entrer de l'argent dans les caisses. On place les radars aux endroits problématiques. Pour nous, le radar est un outil préventif plus que répressif."
Cambriolage
Il y a eu 136 cambriolages constatés en 2023 contre 158 en 2022. Les maisons sont les principales cibles : 74 % des faits et les auteurs passent généralement par l'arrière des habitations.
La tendance globale est à la baisse : 283 faits en 2013, 178 en 2018 mais 132 en 2019. Mais ce type de criminalité est souvent impacté par le passage de bandes itinérantes.
Le chef de corps relève que 32 % des faits où il y a eu plainte concernent des tentatives de cambriolage. "C'est bon signe. Les gens sécurisent mieux leur habitation."
Et de rappeler que le passage d'un policier donnant des conseils en techno-prévention est gratuit.