Assassinat de Dion : aux assises, le procès prend du poids après la consultation des images, "les accusés adaptent leurs discours"

Lors de l'audition des témoins, de nombreux détails ont permis de faire la clarté sur l'assassinat de Dion.

Faute d'un Palais de Justice bruxellois surchargé, le procès à lieu à Nivelles.
Faute d'un Palais de Justice bruxellois surchargé, le procès à lieu à Nivelles. ©D.R.

Ce deuxième jour d'audiences à la cour d'assises de Bruxelles (délocalisée à Nivelles) sur le meurtre de Dion Jashanica permet d'y voir plus clair grâce aux auditions des témoins. À la lumière des auditions des experts et du juge d'instruction Michel Claise, le résumé de l'enquête sur le meurtre de Dion, 20 ans, à Molenbeek le 18 avril 2022 avance.

Relire ici la première journée d'assises sur l'assassinat de Dion

Et ce, notamment, via l'observation des images de caméras de surveillance projetées dans la salle. "C'est extrêmement rare que l'on ait la chance d'avoir autant de caméras de surveillance, soulignait d'ailleurs le juge d'instruction au banc des jurés tirés aléatoirement. C'est un travail de bénédictins qu'a fait la police fédérale. Il ne manque qu'une toute petite partie, celle où les faits se sont produits." En fin de journée, l'avocat général Stéphane Lempereur a salué le travail des policiers "dans des conditions complexes".

Des détails qui feront la différence

Les minutes précédant les faits sont désormais claires, et une enquêtrice a, à plusieurs reprises, souligné que les versions tenues par les prévenus Abdellah Ben Abdeslam (le tireur présumé) ou Mohamed Benamar (chauffeur de la voiture et présumé complice) ne correspondent pas à ce qui était vu sur les images. Déroulé des faits, motifs de la venue à Beekkant, accord initialement refusé puis forcé de Benamar à Ben Abdeslam pour fuir ensemble après les faits : sur ces trois points au moins, les vidéos de caméras de surveillance ont mis à mal la version des prévenus.

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Pour les avocats de la partie civile, Me Henri Laquay, Carine Liekendael et Abdelhadi Amrani, "il est établi que les accusés ont en menti à plusieurs reprises, ils ont adopté des déclarations sur base des images de caméras de surveillance, mais elles ne sont toujours pas correctes", lancent-ils après la séance. Un constat que ne partage pas l'avocate de Abdellah Ben Abdeslam, Carine Couquelet, qui estime que la reconstitution n'a pas rendu service à son client. "On lui demande, des mois après, de redire et refaire des choses qui ont duré deux secondes. C'est impossible."

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Dans un résumé d'audience de Benamar, défendu par Yannick De Vlaemynck et Jonathan De Taye, celui qui est accusé d'être complice de Ben Abdeslam avait expliqué être repassé par la rue Dubois-Thorn, où a eu lieu le drame, pour rendre une carte de banque à sa femme. Un élément qui ne se retrouve pas marqué clairement dans les observations du jour, et souligné par Abdelhadi Amrani. "C'est une observation", a défendu De Vlaemynck, qui estime que cet élément n'avait pas à être remis sur la table aujourd'hui. Il le sera, un jour ou l'autre, c'est certain.

Des tensions toujours présentes

La première journée, mardi, s'était ouverte dans un climat relativement tendu, avec des remarques venues du banc des proches de la partie civile comme des accusés. Ce mardi, l'émotion a encore débordé le père de Dion au moment de projeter les images du corps de son fils face à une salle comble. Et puis, quelques minutes plus tard, c'est près de la moitié de la salle (venue en soutien aux accusés) qui s'est ruée dans la salle des pas perdus où un accrochage entre les deux familles aurait eu lieu. En fin de journée encore, la présidente a rappelé sa menace d'exclusion à la famille. De quoi compromettre la bonne tenue d'un procès devant durer dix jours ? "Non, rassure Henri Laquay. Cette famille a perdu un fils, un frère. Il y a des pleurs, mais il n'y a pas de menaces."

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