"Les deux derniers coureurs qui ont battu Pogacar à la pédale sont belges !": Remco Evenepoel gonfle la confiance du sélectionneur pour le Mondial
À deux mois des championnats du monde de Montréal, Serge Pauwels est convaincu des chances belges et révèle ses cinq certitudes pour le voyage au Canada.

- Publié le 22-07-2026 à 11h02

On ne se refait décidément pas. En vacances avec ses deux filles la semaine dernière en France, Serge Pauwels a clôturé ses congés dimanche sur les pentes du plateau de Solaison. Un choix inspiré de la part d'un sélectionneur national qui a permis à ses enfants de vivre en live la première victoire d'étape de Remco Evenepoel sur ce Tour de France. Avant de rejoindre la Belgique pour y commenter la dernière semaine de l'épreuve sur les ondes radio de Sporza, le coach national avait pris le temps de rendre visite aux coureurs belges lors de la deuxième journée de repos de cette Grande Boucle.
Serge, qu'avez-vous pensé de la performance de Remco Evenepoel sur le chrono de ce mardi ?
Phénoménale ! Quand on parle du triple champion du monde de l'exercice, on ne peut pas dire que cela constitue une réelle surprise, mais ça n'en demeure pas moins très fort dans la troisième semaine de la plus grande course du monde. Ce qui m'a marqué, c'est qu'il a fait la plus grosse différence dans la montée.
Quel va être le plus grand défi pour le Brabançon d'ici à l'arrivée finale à Paris ?
Il a évidemment consolidé un peu plus sa place sur le podium lors du chrono et, pour lui avoir rendu visite lors de la journée de repos de lundi, j'ai pu mesurer à quel point il a confiance en sa condition. Mais rien n'est définitivement garanti avant l'arrivée de l'étape de samedi à l'Alpe d'Huez. Le menu de cette 20e étape avec la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier et le col de Sarenne qui conduira à l'arrivée est diabolique. Je ne dis pas que le classement général va forcément être totalement chamboulé samedi soir, mais certains destins pourraient basculer. Si un gars du top 10 y connaît une mauvaise journée, il pourrait facilement perdre dix minutes. Ce sera le Jour J pour les grands leaders. Avec la fatigue des 19 précédentes étapes et un tel parcours…
Le succès d'Evenepoel dimanche au sommet du plateau de Solaison vous a-t-il surpris ?
Oui, car on a découvert ce jour-là une qualité que l'on ne lui connaissait pas encore totalement : celle de pouvoir suivre Tadej Pogacar sur la difficulté finale d'une étape de haute montagne. Plus que sa victoire en tant que telle, c'est cela que j'ai trouvé marquant. Incarner le seul concurrent à pouvoir accompagner le duo UAE, cela dit beaucoup sur le niveau qu'il a atteint sur ce terrain-là.
Cette performance augmente-t-elle, à vos yeux, les chances de succès du coureur de chez Red Bull-BORA-hansgrohe lors du Mondial de Montréal où Pogacar tentera la passe de trois ?
Pogacar restera le plus grand favori, mais je suis certain que Remco va tirer une confiance énorme de sa performance de dimanche. Mais depuis un peu plus d'un an, force est de constater que les deux seuls coureurs à avoir battu le double champion du monde à la pédale, les yeux dans les yeux, ce sont Remco et Wout van Aert, à Paris-Roubaix et lors de l'étape de Montmartre. Deux Belges ! On peut donc légitimement nourrir de réelles ambitions, même si le parcours canadien est vraiment favorable au Slovène. On aura de belles cartes à jouer !
J'ai eu Wout au téléphone, sa forme s'améliore de jour en jour.
Le forfait de Wout van Aert pour le Tour constitue-t-il un problème à vos yeux dans la perspective des championnats du monde dont il a fait un grand objectif ?
Non, pas du tout. Ce n'est pas comme s'il était inactif. Je l'ai eu en ligne ces deux derniers jours et il a fait un bon stage en Italie. Il m'a confié que sa forme s'améliorait de jour en jour. Sa participation à la Vuelta est un excellent choix, c'est un coureur dont la forme grandit toujours au fil d'un grand tour. Il sait qu'il a besoin de volume et il digère toujours bien les kilomètres en compétition. Wout est évidemment une certitude pour Montréal aux côtés de Remco.
Ce Tour vous aide-t-il à y voir plus clair pour votre sélection ?
En partie, oui. Victor Campenaerts, qui est tombé malade entre le Giro et le Tour et a déjà beaucoup donné, n'en sera pas et j'ai décidé de me passer également de Jasper Stuyven dont le rôle sera repris par notre 3e chronoman, soit Alec Segaert, soit Florian Vermeersch. J'ai confirmé leur sélection à Tiesj Benoot, à Ilan Van Wilder et à Maxim Van Gils, qui est l'équipier de Remco chez Red Bull et important pour le Brabançon. Avec nos deux leaders, cela veut donc dire qu'il reste trois places. Tim Wellens, qui est partant pour cette édition après avoir fait l'impasse l'année dernière sur une aventure africaine qui ne l'inspirait pas trop, est évidemment un candidat très sérieux de même que Thibau Nys.
En quelques semaines, De Lie peut passer du statut d'anonyme à celui d'un des meilleurs coureurs du monde.
Et Arnaud De Lie ?
Si ma sélection devait tomber demain, il n'en serait évidemment pas. Mais Arnaud a déjà démontré qu'il pouvait passer en quelques semaines d'un coureur plutôt anonyme du peloton à l'un des meilleurs du monde. Sa prestation l'année dernière à Plouay m'avait soufflé par exemple. Je n'exclus donc pas son nom.
L'Euro en Slovénie s'ouvrira une semaine après le Mondial. Qui y sera notre leader ?
Remco, qui ne disputera toutefois pas le chrono. Wout, lui, fera l'impasse sur l'ensemble de cette épreuve.
