JO 2024 – Athlétisme, Comment Noah Lyles est devenu le n° 1 mondial du sprint : "Il ne craint pas de perdre"
À 27 ans, le Floridien est la nouvelle référence du sprint mondial, ce que confirme son succès sur 100 m aux Jeux olympiques de Paris.
- Publié le 05-08-2024 à 21h00

Un an après son triple sacre mondial à Budapest (100 m, 200 m et relais 4 x 100 m), Noah Lyles a remis le turbo, dimanche, pour remporter en 9.79, nouveau record personnel, la finale masculine du 100 m aux Jeux olympiques de Paris.
Grâce à cette victoire, le Floridien confirme, à 27 ans, sa mainmise sur le sprint mondial. Lui qui était considéré erronément comme un spécialiste du 200 m depuis sa médaille de bronze aux JO de Tokyo, où il avait révélé ses failles, est sans conteste le numéro 1 actuel de l'épreuve reine de l'athlétisme.

Même si son succès, au Stade de France, n'a tenu qu'à cinq millièmes de seconde au détriment de Kishane Thompson, un sprinter venu de Jamaïque comme sa compagne Junelle Bromfield.
Devant 80 000 personnes, Lyles a assumé. Il a joint le geste à la parole, lui qui aime fanfaronner et se présenter comme le meilleur sprinter de l'ère post-Usain Bolt. Sa manière d'exhiber son dossard témoigne autant de son envie de soigner le spectacle que de son soulagement après une série et une demi-finale ayant fait naître certains doutes.

Dans son personnage de sprinter showman, l'athlète entraîné par Lance Brauman excelle. Sa passion pour les mangas, et en particulier pour l'univers Dragon Ball, a fait le tour de la planète à vive allure depuis cinq ans maintenant.
Il est aujourd'hui considéré comme l'otaku (fan de pop culture japonaise) le plus rapide au monde et semble taillé pour faire sortir l'athlétisme d'une certaine confidentialité. Quitte à déclencher une petite guerre au pays, l'été dernier, avec les joueurs de la NBA, ces "champions du monde de quoi ?"

Pour arriver à décrocher le Graal aux Jeux olympiques, Noah Lyles ne s'est pas reposé sur ses lauriers l'hiver dernier. Il a travaillé en salle et pris cinq kilos de muscle. Il a enchaîné les 60 mètres en compétition pour travailler son départ, identifié comme un point faible. Avec un record de 6.43 à la clé.
À Paris, davantage que son explosivité, c'est pourtant sa fin de course qui a marqué les esprits. Encore dernier après quarante mètres, mais au contact des autres, le champion du monde était troisième quarante mètres plus loin, deuxième après nonante mètres de course et, donc, premier sur la ligne. Quand cela compte vraiment !
Noah Lyles est unique. Il parle ouvertement de ses objectifs, fait le show pour attirer l'attention vers lui.
Pour l'ancien recordman du monde du 400 m Michael Johnson, fin observateur de la chose athlétique, "Noah Lyles est unique. Il parle ouvertement de ses objectifs. Il fait le show pour attirer l'attention vers lui. Ce qui l'expose à énormément de critiques s'il perd. Il n'a peur ni de la défaite ni des conséquences de la défaite. Et vous courez plus vite quand vous n'en avez pas peur."
Ce lundi soir, Noah Lyles a en tout cas déjà repris sa marche en avant sur 200 m. Il a remporté sa série en 20.19, en s'employant modérément. La suite mercredi en demi-finales…