Les Belges seront rapatriés avec la Défense : "La vocation du gouvernement n'est pas de se substituer à une agence de voyages, mais de sauver des vies"
Le gouvernement fédéral a trois priorités : la sécurité des citoyens belges dans la région du Golfe, les implications pour la sécurité nationale et la sécurité de l'approvisionnement énergétique, ont expliqué le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot et le Premier ministre Bart De Wever.
- Publié le 05-03-2026 à 18h21
- Mis à jour le 06-03-2026 à 11h45
Le gouvernement De Wever a réuni le Conseil National de Sécurité (CNS) jeudi en vue de définir les grands axes prioritaires face à l'escalade de la guerre en Iran. L'exécutif a décidé de se positionner sur trois volets stratégiques : la sécurité intérieure, la protection des consommateurs et le rapatriement des ressortissants.
600 euros le rapatriement
Le volet le plus concret de ces annonces porte sur la sécurité des citoyens à l'étranger. Le SPF Affaires étrangères a confirmé que le rapatriement des quelque 2500 Belges coincés aux Émirats arabes unis, au Koweït, au Qatar et dans les environs. L'opération, coordonnée par le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagé) avec l'appui de la Défense, démarre de Mascate, la capitale d'Oman. Les ressortissants y seront acheminés par bus, où ils embarqueront dans des avions militaires qui feront escale à Hurghada, en Égypte, pour un ravitaillement en fuel, avant de rejoindre l'aéroport de Melsbroek, en Belgique.
Le coût du voyage est fixé à 600 euros par personne, un prix bien en dessous des rares alternatives commerciales existantes. Face aux critiques portant sur la dureté et le coût de l'exfiltration, Maxime Prévot s'est montré cinglant : "La vocation du gouvernement n'est pas de se substituer à une agence de voyages, mais de sauver des vies". Il a rappelé que l'assistance consulaire est une avance remboursable et a ironisé sur certaines plaintes portants sur le confort relatif des bus. "Je n'ose imaginer ce que les Ukrainiens doivent en penser."
Facteur K
Le deuxième volet concerne l'impact économique du conflit, particulièrement la nervosité des marchés de l'énergie. Le Premier ministre Bart De Wever, qui s'était fait très discret sur le sujet ces derniers jours, a souligné que l'Iran cherche à fermer le détroit d'Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial.
Pour contrer la flambée des prix, le ministre des Finances et son collègue de l'Énergie, Jan Jambon (N-VA) et Mathieu Bihet (MR), ont indiqué qu'un mécanisme de protection allait être activé et retravaillé. Ce système, reposant sur un ajustement des accises en fonction du prix du gaz et des carburants (le fameux "facteur K"), joue un rôle d'amortisseur. Jan Jambon a précisé avoir chargé son administration d'étudier une amélioration de ce dispositif pour le rendre plus réactif.
"L'objectif est clair : protéger les ménages. Ce système est en place depuis trois ans : si le prix du gaz augmente, les accises diminuent automatiquement. Nous devons toutefois continuer à suivre ce système de manière critique."
Une protection ciblée
Sur le volet de la sécurité intérieur, les représentants de l'Arizona n'ont pas été très dissert. Le dispositif de vigilance est renforcé, mais le volet sécurité intérieure se limite à la protection des sites sensibles liés aux nations au cœur du conflit, soit les sites iraniens, israéliens et américains en Belgique.
Critiqué sur le flou régnant autour de la position officielle de la Belgique vis-à-vis du conflit, Bart De Wever a déclaré n'avoir "aucune sympathie" à l'égard du régime iranien actuel qui, de surcroît, soutient la Russie. Maxime Prévot a, par contre, apporté son soutien à l'Espagne qui fait face aux pressions de Washington. Enfin, il a précisé qu'aucun projet d'intervention militaire directe contre l'Iran n'était à l'ordre du jour.
