"Elle jette son urine et ses crasses dans mon jardin" : à Meise, Isara vit un enfer de voisinage depuis 13 ans
Isara vit à côté d'une voisine hors contrôle : après treize ans, sa patience est à bout.
- Publié le 20-10-2026 à 12h30
- Mis à jour le 20-10-2026 à 12h44

Elle se prénomme Isara, a dépassé les 70 ans et c'est la troisième fois que nous la retrouvons chez elle, à Meise, là où habite Eddy Merckx… et où elle subit un enfer de voisinage, depuis 2013.
En 2024, elle avait surpris la voisine, que nous prénommerons Els, en train de jeter de l'urine par-dessus la palissade dans son jardin. Il s'agissait de son pipi, très certainement, puisqu'elle vit seule.
Pour en avoir le cœur net, Isara décidait de placer des caméras. Après l'urine par-dessus la palissade, les caméras filmaient la voisine en train de jeter des crasses dans le jardin d'Isara. La femme procède en douce, le matin très tôt, à des heures où Isara dort encore.
Au début des années 2010, l'entente, "sans être idyllique, était acceptable".
C'est quand Els divorce, en 2013, que les choses se seraient envenimées. Elle décidait d'agrandir sa maison et pour prolonger son living à l'arrière, empiétait de 22 cm dans la propriété d'Isara qu'elle mettait devant le fait accompli.

Discuter s'avérant vain, Isara la citait devant le juge de paix de Meise. Celui-ci lui donnait tort. La francophone perdait son procès. Le juge la condamnait à rembourser la voisine et lui payer la moitié de ses briques – 2 800 euros.
Les relations devenaient "exécrables". Un rien était prétexte à incidents et vacheries de toutes sortes. Isara essuyait insultes et doigts d'honneur.
Ses petits-enfants se faisaient traiter de "stoute kinderen" et de "vuile kinderen" (sales gosses) et avaient droit à d'aimables considérations linguistiques, du genre : "Ga naar de Walen" (Allez en Wallonie).
Vacheries
Aujourd'hui, Els semble n'avoir toujours pas réalisé la présence des caméras. Des scènes filmées mettent les nerfs d'Isara à rude épreuve.
Mercredi 13 mai, 6 h 53 du matin : la voisine recommence à jeter ses crasses à la pelle dans l'allée de garage d'Isara.
15 mai, 3 h 04 (!) du matin : Els répand des briquaillons sur la chaussée devant la maison d'Isara. "Si un véhicule avait roulé dedans, explique celle-ci, c'était à moi d'expliquer et les ennuis étaient pour ma pomme."
Mardi 2 juin, 7 h 31 : les caméras la filment de nouveau en train de passer le balai et rejeter les crasses chez sa voisine, dans son allée de garage.

Ce matin-là cependant, Isara était réveillée et ouvrait juste ses volets. Par la fenêtre, elle surprenait la voisine qui, au bruit des volets, filait, comme une gamine prise en faute, se cacher chez elle. Tout a été filmé.
Nuit du 10 au 11 mai, minuit 11. On voit la voisine déplacer sa voiture en prévision d'une brocante prévue le week-end. Els va donc se garer plus loin et revient à minuit 19. Mais alors qu'elle s'apprête à rentrer, elle se ravise quand elle voit des crottes jonchant son trottoir. Sa réaction ? Les caméras la filment repoussant les étrons à coups de pied dans l'allée de garage d'Isara.
L'affaire m'a déjà coûté des milliers d'euros. Il y aura encore des frais mais pour quel résultat ?
Si la scène prête à rire, Isara ne riait plus en trouvant à son réveil une griffe sur l'aile gauche de sa voiture. Une griffe, précise-t-elle, qui "n'était pas là la veille". Les policiers sont venus mesurer la hauteur sur la carrosserie. Selon Isara, ils auraient conclu que "le doute est permis".
Voilà, en résumé, ce qui se passe devant la maison.
Et maintenant, les rats
Ce n'est guère mieux à l'arrière où Els laisse son jardin à l'abandon. Cet été, les mauvaises herbes envahissaient le terrain, orties et chardons poussaient "à hauteur d'homme". Isara s'est renseignée. Sauf règlement communal spécifique ou nuisances excessives pour le voisinage, lui a-t-on répondu, "il n'existe pas d'obligation générale et automatique d'entretenir régulièrement son jardin".
La jungle attirait les rongeurs et Isara en avait ras le bol. Les bestioles se promenaient partout près de son poulailler. Chez Rentokil, un spécialiste expliquait qu'il ne servait à rien d'entreprendre un traitement. "Ça va vous coûter et c'est peine perdue tant que c'est le capharnaüm chez votre voisine".
La bourgmestre
Tout le monde est à bout. Isara explique que l'agent de quartier "en a marre" et refuse de se déplacer "parce que ça ne sert quand même à rien".
Isara a fini par s'adresser à la bourgmestre. Celle-ci, dit-elle, lui a accordé une entrevue "d'une heure et demie" qui n'a cependant "pas servi à grand-chose".
De toutes parts, on lui conseille d'aller en justice mais la francophone de Meise ayant déjà perdu un procès qu'elle estimait devoir gagner, hésite. "L'affaire m'a déjà coûté des milliers d'euros. Il y aura de nouveaux frais de justice, des frais d'avocat, sans doute également d'huissier, pour quel résultat ?"
