Le phénomène de harcèlement est surtout connu en milieu scolaire, mais il a également pris pas mal d’ampleur depuis l’apparition des réseaux sociaux. Dans ce contexte, nos élus ne sont guère épargnés par les critiques en tout genre.

A Saint-Hubert, l’échevine Céline Nicolas subit de trop nombreuses attaques en ce sens depuis quelques mois. "Certains citoyens disent vouloir m’écraser la gueule sur le trottoir avec leur voiture, qu’ils veulent ma peau. D’autres me traitent de clown, d’incompétente au niveau professionnel. Au niveau privé, étant une adepte du jogging, ils me disent que je cours pour mes formes. Bref, des propos violents ou sexistes que je ne peux plus accepter", nous dit-elle.

Céline Nicolas n’a pas l’intention de porter plainte. Elle ne souhaite pas en rajouter une couche. Elle a quand même décidé de sensibiliser le monde qui l’entoure en postant sur sa page Facebook ce qu’elle subit depuis trop longtemps. "Il est inacceptable de rassembler contre soi, en quelques posts Facebook ou par Messenger, les stéréotypes contre lesquels la société entière se bat : la violence, le sexisme, le harcèlement, le populisme, le poujadisme. Certes, il est plus facile de menacer, injurier, dénigrer derrière un écran, que de venir m’expliquer clairement ces propos. Question d’honnêteté intellectuelle, pas virtuelle. Je suis pour le débat d’idées, pour les critiques constructives, les projets, les échanges, les remises en question. Je n’ai jamais refusé aucun appel téléphonique, rencontre ou répondu à un message, un mail, une interpellation concernant mon mandat. Quand on m’insulte en public et que le commentaire est liké par d’autres internautes, cela fait encore plus mal. Cela signifie que les gens cautionnent ces commentaires injurieux. Dorénavant, je leur répondrai en mettant un #jesuiscequejelike pour leur faire comprendre qu’ils sont aussi acteurs de cette violence."

Inutile de préciser que Céline Nicolas a reçu des centaines de témoignages approuvant sa publication et sa réaction. "Je pense ne pas être la seule dans le cas. Je ne veux pas être considérée comme une victime, juste un témoin de faits inacceptables. A chacun de réfléchir aux mots/maux qu’il pose sur les réseaux sociaux", conclut-elle.