UTMB 2023: Jim Walmsley, l'Américain qui a quitté son pays pour conquérir le Mont-Blanc
L'ultra traileur de 33 ans est devenu ce samedi le premier coureur américain à remporter l'UTMB, le sommet mondial du trail. Un aboutissement pour cet athlète au profil atypique après 5 tentatives et 2 années passées dans les Alpes, loin de son Arizona natal.

- Publié le 02-09-2023 à 16h39
- Mis à jour le 04-09-2023 à 14h33
Jim Walmsley est devenu ce samedi le premier athlète masculin américain à remporter l'UTMB. Plus qu'un aboutissement, c'est le rêve d'une vie pour le traileur originaire de Flagstaff, une ville d'Arizona de 120000 habitants perdue dans le désert entre Phoenix et le Grand Canyon, soit des décors bien éloignés de ceux du Mont-Blanc qu'il convoitait tant.
"Si je gagne à Chamonix, je ne suis pas sûr d'y revenir un jour", glissait-il avant sa participation en 2022, ponctuée d'une 4e place. Une phrase qui dit tout des sacrifices que cet athlète tout aussi atypique qu'attachant a consentis pour parvenir à, enfin, s'imposer à Chamonix ce 2 septembre.
Tout pour gagner l'UTMB
Âgé de 33 ans, Jim Walmsley a en effet tout quitté ou presque pour venir s'installer dans les Alpes françaises voici deux ans. "Pour gagner cette course européenne, il faut être un Européen. Voilà pourquoi je suis ici..."
Il a donc choisi d'atterrir dans le Beaufortain, coin préservé des Alpes cher à François D'Haene, quadruple vainqueur de l'UTMB. Un François D'Haene présent sur le dernier ravito mais aussi ces derniers mois pour distiller ses précieux conseils à son pote américain sur un UTMB qui ne lui avait pas vraiment réussi jusqu'ici, en 5 participations avec trois abandons et deux places d'honneur (5e en 2017 et 4e en 2022).

De fou du peloton à parfait gestionnaire
Toujours ambitieux, l'Américain s'est taillé au fil des ans une réputation de coureur fou, partant trop rapidement pour craquer complètement ensuite. Loin des qualités de gestion exigées pour ce type d'effort d'ultra-endurance. Dès 2017, pour sa première sur l'UTMB, il avait choisi de défier le duo Jornet-D'Haene, multipliant les accélérations en début de course dans un style propre à lui avant de craquer et de reculer au classement.
Sa foulée aérienne et pas spécialement économe qui le caractérise, le premier lauréat américain de l'UTMB l'a développée plus jeune sur les pistes d'athlétisme, où il a effectué ses premières armes en parallèle d'études en balistique à l'US Air Force Academy, où il a travaillé, sans réelle passion. "À l'armée, je faisais des journées de 24 heures sous terre au milieu de nulle part", nous avait-il confié lors d'un entretien voici 2 ans.
Sur piste, il aligne de bons chronos, sans pour autant pouvoir intégrer les sélections nationales. Il se tourne alors vers le trail en 2014 et s'essaye aussi à différents records d'ultra endurance, décrochant notamment celui sur 50 miles dans sa tentative d'améliorer celui sur 100 miles.
En deux années passées en France, l'homme a changé, même si les étiquettes collées sur son dos ont continué à le poursuivre jusqu'à ce samedi 2 septembre. Dans les Alpes, Jim Walmsley a appris de la montagne et des athlètes qu'il a pu y côtoyer. "Ici, il y a tellement de petites choses qui me font progresser", glissait-il peu de temps après son installation dans le Beaufortain.
Au point de devenir un autre athlète. Un traileur qui sait en garder sous le pied, laissant la tête de course à son compatriote Zach Miller l'essentiel de la course. Un traileur qui sait se montrer patient, accélérant la cadence une fois le jour bien levé et rattrapant alors rapidement les quelque 10 minutes qui le séparaient de la tête. Un traileur sachant gérer son effort sur l'entièreté d'un 100 miles pour s'offrir une arrivée sous les ovations de Chamonix.
Une image dont il rêve depuis 2014 et ses débuts en trail.
